Anaelle (2014):

Je regardais des photographies dans un album quand je tombai sur ce portrait. Je ne savais pas qui était la dame qui posait si sérieusement alors j’appelai mon père pour le lui demander. Il m’expliqua que c’était sa Grand-Mère, Madeleine, et me donna mon deuxième prénom au passage.
Il me racontai comment elle était:  plutôt calme et posée.  Puis il me fit part de l’un des souvenirs qu’il avait d’elle: «C’était en été, me conta-t-il, j’étais assis sur ma chaise longue au bord de la piscine, avec un verre de soda à la main, pendant que Mamie Madeleine me narrait des histoires. Je devais avoir six ou sept ans, quelque chose comme ça. Elle avait une chemise à fleurs magnifique, qui  me plaisait beaucoup…».
Soudain, j’imaginai la chemise à fleurs dont Papa me parlait…  Et mon ancêtre fut devant moi et la portait vraiment. Elle était de dos Je la contournai, sans me départir, certainement, de mon air ébahi quand je découvris que mon père était assis sur ses genoux; il avait sept ans mais je le reconnus aisément pour l’avoir vu bien souvent en photographie à cet âge-là. Cela fut un choc, mais je me remis  à grand-peine de ma confusion tandis qu’ils me parurent bien plus étonnés que moi. Évidemment, ils ne me connaissaient pas à cette époque-là (et même ne m’avait jamais connue  en ce qui concernait ma grand-mère, disparue trop tôt)! Et je me gardai de leur dire qui j’étais, pour ne pas les affoler. Je leur dis donc que j’étais une adolescente qui cherchait seulement un petit travail pour gagner de l’argent.
Ma Grand-Mère me proposa un poste pour l’aider à faire le ménage chez elle et mon père se réjouit d’une présence nouvelle.  Tout de même encore un peu sonnée, toujours choquée par le dépaysement brutal, j
e voulus leur serrer la main, à tous les deux pour les remercier, quand je m’entendis appeler.
C’était ma mère qui me trouvait rêvassant avec le portrait dans la main. « Mais tu n’as pas encore rangé cette photo depuis que papa t’a parlé de ta grand-mère? On peut dire que tu as dans tes gênes le trait dominant de son caractère: elle racontait toujours de drôles d’histoires comme celle de la jeune fille engagée et aussitôt disparue! Vous êtes trop farfelues, toutes les deux, ton père ne te l’a pas dit? »
Un étonnement sans borne remplit mes yeux vides et je conserve depuis lors une tendresse toute particulière pour celle qui m’a donné son prénom et quelques secondes de sa vie.

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Un commentaire pour Anaelle (2014):

  1. Anaëlle dit :

    C’est vraiment très bien.
    J’ai juste dû voir une ou deux fautes, comme lorsque, à la deuxième ligne du texte, on lit « Il m’expliqua que c’était sa Grand-Mère, Madeleine, et me donna mon deuxième prénom au passage. » on dirait que c’est mon père qui me donne mon deuxième prénom… me semble-t-il.
    Je vous salue cordialement.
    Anaëlle.

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