Clément (2014):

Chez mes grands-parents, je faisais la sieste dans leur chambre pendant qu’ils regardaient la télévision dans le salon. J’étais sur le lit, heureux dans notre maison familiale et pour m’occuper, je regardais les photographies accrochées au mur d’en face. L’une d’elles attira mon regard par la casquette à visière que portait mon aïeul.
En relevant ma tête, j’aperçus le même couvre-chef que sur la tête du grand-père dans la photographie encadrée et placée pile en face de moi. Elle était vissée sur la tête de cet homme et je fus tenté de la mettre à mon tour.

Au moment où je la plaçai sur mon crâne, je ressentis comme des frissons glacials. C’est alors que je constatai un changement de décor : les couleurs des murs de la chambre étaient différentes et la commode n’était plus à la même place; le chapeau que je portais avais disparu.

Je me dirigeai vers le salon pour y retrouver mes grands-parents. Le couloir n’était plus le même. En arrivant dans le salon, je trouvai mes trois tantes et ma mère… si petites! Comme si elles avaient rajeuni, et mon grand-père aussi, lui qui portait le fameux le couvre-chef, celui qui se trouvait, il y avait peu, sur ma tête. Ils étaient assis autour de notre vieille table en bois.
Ma grand-mère mitonnait un plat dans la cuisine qui laissait s’échapper une douce odeur venant me caresser les narines. Je m’approchai, elle se retourna, resta plantée devant moi comme si elle se demandait qui j’étais puis choisit de pousser un cri.
Aussitôt mon grand-père se leva, attrapa deux cartouches et son vieux fusil mais, quand il eut vu que je n’étais qu’un enfant, il baissa son arme. Je croyais qu’il me reconnaîtrait, mais il me dit « que fais-tu là, petit ? » et sans même me laisser le temps de répondre, il me balança sèchement « Rentre chez toi ! On n’entre pas ainsi chez les gens ! ».
Je sortis, m’assit et réfléchit à ce qui venait de se passer ; je ne pouvais pas croire que j’étais revenu dans le passé. C’est en apercevant ma mère, âgée d’à peine neuf ans alors que j’en ai onze, que je compris que je me trouvais bien dans notre passé familial. La nuits tombée, je m’introduisis dans la maison dans le but d’y retrouver le couvre-chef qui m’avait visiblement servi de porte d’entrée dans le temps… hélas je ne le trouvai nulle part et j’allais me décourager quand, dans le vestibule d’entrée, je le vis, accroché au porte-manteaux, au-dessus de ses sabots.

M’emparant du képi, je le mis sur la tête et, immanquablement, une espèce d’éclair m’illumina.

Je me retrouvai, comme si rien ne s’était passé, dans la chambre de mes aïeux. Je me levai pour les rejoindre au salon. Quand j’entrai, grand-père me demanda, tout ébahi : « Mais qu’est-ce qui t’a pris de chausser mes vieux sabots ? » et je découvris , bouche bée, leur stupéfiante présence à mes pieds !

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