Emma (2014):

Je me promenais en ville quand, en passant devant un antiquaire, je décidai d’envoyer une carte postale d’autrefois à ma grand-mère qui habite à Bonnières-sur-Seine.
En me déplaçant dans le magasin,
j’aperçus une vue rustique typique de ma région qui attira plus particulièrement mon attention.
Je m’approchai et pus lire les inscriptions imprimées en bas : « Ferme de la Mare Boinville, Bonnières-sur-Seine ». Il s’agissait justement de la propriété ancestrale de ma famille. Estimant que cette trouvaille était une coïncidence étonnante, je ne pus rien faire de moins que l’acheter.

Revenue chez moi, je la considérai longuement avant de me résoudre à écrire un message au verso. Je sentais une force irrésistible qui m’attirait vers elle et si forte que je m’attendais presque à m’écraser contre la table, je fermai les yeux, me préparant au choc. En me résignant à m’asseoir, je m’avançai et m’emmêlai les pieds , m’écroulant sur la chaise. Je sentis une odeur de ferme, de bouse et au même moment le meuglement d’une vache retentit dans mes oreilles. Je sursautai.
Le soleil étant chaud et haut dans le ciel, et je supposai que c’était le mois de Juin, ou un autre mois d’été et qu’il devait être aux alentours de midi. Un homme tenant un appareil photographique dans la main, me regardai, les yeux écarquillés, comme s’il venait de voir le Messie. Mais comment lui en vouloir? Je venais de tomber du ciel…
Une dame, d’une vingtaine d’années, me demanda ce que je faisais là, comment j’y étais arrivée et surtout qui j’étais. J’étais tellement sonnée, du fait que j’avais reconnu la dame de la carte, qu’elle dut me répéter plusieurs fois ses questions pour que je sorte de ma stupeur et lui réponde enfin.
J’inventai une histoire quelconque :j’étais la fille d’un marchand qui venait de s’installer dans la ville basse et pour financer mes études, je cherchais un travail pendant les vacances, une place que je venais lui demander à tout hasard.
Une fois ma fable entendue, elle se retourna et s’adressa à un homme qui sortait un vélo, que je n’avais jusqu’alors pas remarqué.

Elle lui demanda s’ils pouvaient engager quelqu’un pour aller aux courses et je reconnus en eux mes arrière-grands-parents, dont on m’avait raconté la vie toute simple. Méfiant, en bon paysan,  mon aïeul hésita quelques instants pendant lesquels j’espérais vraiment disposer de cette opportunité de faire plus ample connaissance avec eux. Il me jaugea du regard puis hocha la tête en signe de consentement et me tendit le vélo pour que je pusse débuter aussitôt mon office
.
Quand je touchai le vélo… je me retrouvai à la table de mon bureau, un stylo en main, occupée à écrire
 : « Chère grand-mère, tu ne peux t’imaginer à quel point je voudrais me retrouver à la ferme à tes côtés… »

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Un commentaire pour Emma (2014):

  1. Emma H. dit :

    Je trouve cette version originale. Vous aviez raison, ma version et la vôtre sont un peu pareilles ; elles finissent toutes les deux par la lettre à la grand-mère.
    Bonne journée. Emma H.

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