Enzo (2014):

    Dimanche nous avions passé l’après-midi à relire et parcourir nos vieux albums de famille et mon oncle et mon père nous avaient bien fait rire avec leurs anecdotes.
Lundi, en me réveillant vers 8h30, j’avais un mal de tête assommant.   Je descendis pour déjeuner, me lavai,me  préparai et remontai pour  aérer ma chambre. J’en profitai pour me mettre à la fenêtre et prendre l’air car il était alors 10h30  et le mal de tête était toujours aussi fort. J’aperçus alors une photographie, sans doute échappé des albums, la veille, qui vola vers moi et je l’attrapai machinalement:  c’était OK Corral.
  Je n’arrivai presque plus à discerner la réalité.Tout commençait à devenir flou comme si j’étais emporté dans des vagues spatio-temporelles. Je perdis mes repères, ne sus plus où je me trouvais. Comme un automate, je descendis les marches de l’escalier, à toute allure avant qu’elles ne disparussent,
  J’eus à peine le temps de sauter les quatre dernières marches que je découvris en tournant la tête vers la façade une affiche gigantesque d’O.K. CORRAL. Rien moins qu’un immense panneau  publicitaire qui me rappela un vague souvenir. Là, l’indien sur son cheval sortit du mur et poussa sa monture vers moi pour me demander de la prendre enfin… cette photo souvenir et j’entendis alors le bruit que faisait le groupe de ma famille, je les vis tous la alignés et rieurs, me regardant comme s’ils attendaient quelque chose de moi…
  Alors tout le monde se mit à rire pour réagir à la fameuse boutade qui retentit: « C’est la pose qui fatigue ! » celle que mon père venait de prononcer de nouveau, en insistant sur l’accent du Midi. C’est toujours son mot favori. Pas une réunion familiale sans qu’on la lui entende dire…
  J’y étais de nouveau…7 ans en arrière.
  J’entendis une voix rauque s’adresser à moi en disant « Eh ben qu’attends-tu, le stagiaire? Tu pauses ou tu la prends, leur photo ! » me désignant l’antique appareil photographique sur son socle équipé d’un drap noir! 
  Tout le monde rit de moi et, en baissant les yeux, je constatai que j’avais les mêmes habits que les employés de ce Parc d’attraction! Je ne pus donc refuser d’agir comme j’étais censé le faire, obéissant aux ordres de ce chef et à la supplique de mon père.
  Je fus même contraint de demander à « Ce monsieur », mon père, de bien vouloir se replacer dans le cadre et je l’entendis ronchonner contre « les techniciens pas très au point ».
  Quand j’eus fini de régler  l’ouverture de l’objectif pour affiner la mise au point, je me dégageai du drap noir et appuyai sur la poire qui déclencha un flash énorme, si éblouissant que j’en fermai les yeux, étourdi. 
  Quand je les rouvris, j’étais à ma fenêtre, face au soleil du matin, la photographie familiale à la main.
  J’y posai le regard et découvris, effaré, ma main dans le coin inférieur droit du champ; elle  tenait la poire… Mais personne chez moi ne consentit à  la reconnaître!

Publicités

A propos des polygrapheurs

"Linguisticopenseurs artisticoécrivaillons"!
Cet article, publié dans En 4ème, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s