Léa (2014):

C’était un dimanche, un jour où l’on triait les photographies. Maman avait sorti un gros carton rempli de souvenirs d’époque. Elle prenait les clichés les uns après les autres. Elle les posait sur la table et mon regard les parcourait lentement. En voyant ces vestiges du passé, je me dis qu’on pouvait se rendre compte des progrès de l’ère numérique. Je ne connaissais pas la plupart des personnes présentes sur ces photographies.
Ma mère me passa le cliché d’une dame d’une taille moyenne, avec une longue chevelure brune qui retombait avec élégance sur ses épaules. Elle était vêtue d’une robe noire qui paraissait soyeuse. Elle portait dans les bras, une petite fille. Derrière elles, on pouvait voir une grande maison avec de nombreuses fenêtres.
Mais plus le temps passait, plus je remarquais les détails, plus je sentais mes paupières s’alourdir et la lumière baisser…

Un son strident me fit sursauter, j’étais à côté d’une voie ferrée, une locomotive suivie de cinq wagons arrivait à toute allure. J’eus peur. Je ne savais pas où j’étais ni pourquoi je me trouvais là, ni comment j’étais arrivée. Mais je savais que j’étais bien présente et je m’éloignai du danger, de la voie ferrée.
Il fallait que je trouve un moyen de rentrer chez moi. Je songeai alors à demander de l’aide aux habitants de la maison qui se trouvait de l’autre côté de cette voie ferrée. Une petite fille sortit, suivie d’une dame. Je supposai que c’était sa mère, même si elle paraissait très jeune. Je regardai l’enfant jouer quelques instants et puis je la reconnus avec surprise : cette petite enfant était en fait celle que j’avais contemplée sur la photographie de ma maman : elle était…ma grand-mère!

Mon cœur commença à s’accélérer. Je sentais confusément que c’était impossible mais j’avançai pour traverser la voie ferrée, passai de l’autre côté et me dirigeai vers… ma toute petite  grand-mère, Suzanne!
Elle jouait passionnément avec sa poupée et semblait tellement heureuse ! Je progressais vers elle mais elle ne semblait pas me voir. Je fis quelques pas encore et… elle me traversa, sans me voir!

J’étais transparente. Ni elle, ni cette dame ne me voyaient… ainsi que je le constatai en faisant des gestes inutiles. Et je ne pus ouvrir la porte. Mon arrière-grand-mère le fit pour moi, sans le savoir et pendant quelques secondes j’admirai cette jeune femme dans son intérieur. Le soleil entrait à flots. Mes aïeules réunies se tournèrent soudain vers la porte et il me sembla qu’elles me virent enfin, me saluèrent même… 
Un rai de lumière m’éblouit et je fermai les yeux pour me protéger…

En les rouvrant, je me retrouvai sur mon canapé!
Mes parents me regardaient avec inquiétude. Je me redressai et le soulagement se lut sur leur figure. Ma mère tenait encore la photographie qui m’avait tant impressionnée : « – Tu as eu un éblouissement » me rassura mon père, souriant.
Apparemment, je n’étais point sortie de chez moi… Mais Maman ajouta : »Nous nous sommes affolés trente secondes, le temps d’aller chercher un gant pour te mouiller les tempes. Tout va bien maintenant! » et mon père me fit bouger pour vérifier mes réflexes, en qualifiant l’épisode de « chute de glycémie ». Ils me firent manger une sucrerie.
Le rangement reprit et nous allions replacer le carton dans le placard quand il m’échappa des mains et tomba au sol: la fameuse photographie s’en échappa et je vis avec étonnement, et une joie réelle, mes aïeules qui faisaient signe au spectateur… à moi donc! Elles n’en faisaient rien jusqu’alors… mais je me gardai bien d’en parler à quiconque!

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2 commentaires pour Léa (2014):

  1. C’est fait. Merci.

  2. Léa dit :

    Bonjour madame,
    J’ai remarqué qu’il y avait une répétition vers la fin de la partie en jaune :
    « Je marchais vers elle mais elle ne semblait pas me voir. J’avançai encore et elle me traversa, sans me voir —— Je marchais vers elle mais elle ne semblait pas me remarquer. J’avançai encore et elle me traversa, sans me voir. »
    Pour les autres points, je n’ai pas de modifications à apporter.

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