Louise (2014):

En regardant la photographie encadrée dans la chambre de mes parents, j’écoutais les précisions que me donnait Maman.
C’était des années auparavant, en 2001, au cours d’un repas de famille. Déjeunaient ensemble mon arrière-grand-mère, Marie Rose, et ses enfants qu’elle avait réunis.

J’avais un an et elle était si fière de moi, sa première petite-fille.

Puis nous descendîmes participer au repas de Noël. Lorsque mon père servit le champagne, chacun leva son verre pour porter des toasts de bonheur et les sceller par quelques gouttes de cette boisson afin de célébrer, apprécier, le caractère unique de cet instant.

Ce pétillement du nectar doré prit alors l’intensité du regard de Marie-Rose, cette joie que j’avais lue dans son regard, sur la photographie du passé…

Et elle fut devant moi, là, présidant le repas sans que je m’en étonne car j’avais désormais l’âge d’être conviée à lever mon verre moi aussi, pour fêter ce rassemblement familial !

Je tournai la tête, m’apercevant dans le grand miroir du salon et constatai avec stupeur que j’étais bien plus âgée que je le croyais: je n’étais plus adolescente mais adulte… et j’avais un petit enfant dans les bras… mon enfant ? Ce devait être le mien, puisque tous me saluaient en riant et dans le miroir mes traits me rappelèrent tout à fait ceux de ma mère. J’étais donc ici la fille de Marie-Rose. Je regardai celle de qui mon sang était issu et elle me lança un regard de profonde affection, un regard content de constater que la famille se perpétuait si bien, qu’elle croissait…

Alors moi, bébé ou adulte, je poussai un petit cri, qui ressembla autant à un vagissement qu’à un  éclat de joie, provenant aussi bien de mon double si petit et si fort dont je voulus croiser le regard…
et je revis…
la commode où trônait la photographie de mon aïeule me portant contre elle : j’étais donc de nouveau dans la chambre de mes parents !

Ma mère se manifesta alors en me demandant si je me souvenais de Mamy. J’étais vêtue de la même façon que tout à l’heure et je me rendis compte, seulement alors, que leurs couleurs étaient les mêmes que celles de la robe et de la grenouillère du portrait, posé en face de moi : sur cette image du bonheur, mon arrière-grand-mère et moi étions en rose et rouge, les tons chauds de la vie.

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Un commentaire pour Louise (2014):

  1. louise dit :

    Madame j’ai bien aimé les modifications que vous avez apportées et j’ai adoré les textes fantastiques d’Enzo et de Nandy. Je vous dirai par la suite quel texte mes parents ont préféré. Je n’ai pas vu de faute dans les textes lus mais je préviendrai si j’en vois une. Merci, Louise.

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