Malo (2014):

J’étais chez moi en train de regarder la télévision. Un film en noir et blanc datant d’une époque reculée m’amusait bien mais …  je ne pouvais m’empêcher de  penser à une excuse possible que je pourrais présenter à mes parents pour justifier l’heure de retenue, que j’avais eue pour avoir bavardé pendant le cours de physique-chimie.
   Soudain, mon regard fut attiré par la vieille commode qui soutenait la télévision. Mon arrière-grand-mère nous l’avait offerte une semaine avant sa mort et mon père aurait bien aimé trouver une poignée comme les autres pour remplacer celle qui manquait, depuis des années, à ce meuble ancien.  Je m’approchai pour toucher le tiroir « orphelin »…

   Tout à coup, je me retrouvai à Versailles, en plein mois d’Août de l’année 1936, devant mes arrière-grands-parents, habillés comme dans le film que je regardais auparavant,  qui se promenaient profitant des premiers congés payés  !Ils me regardèrent, se demandèrent de quelle planète je venais car j’étais en tee-shirt et en bermuda, une tenue très inconvenante.  D’abord, ils s’éloignèrent rapidement mais mon arrière-grand-père s’arrêta.  Il pensait  certainement que je lui ressemblais beaucoup quand il était plus jeune… mais il se ravisa et ils poursuivirent leur chemin.  Je trouvai de quoi me vêtir correctement sur un étendage et j’essayai de les suivre pour retrouver le chemin de leur maison et donc la commode qui pouvait me faire revenir dans le présent. Vers 15 heures, mes arrière-grands-parents décidèrent enfin de rentrer.  Leur maison était vaste pour l’époque. Je me souvins qu’en faisant le tour,  je trouverais la porte de derrière qui donnait sur le salon.
Comme chez moi, la commode trônait dans cette pièce et ma famille était occupée ailleurs car l’habitude de regarder la télévision n’existait pas encore: il n’y avait qu’un napperon sur le meuble. 

Je m’approchai lentement des tiroirs, qui avaient encore toutes leurs ferrures. Je remarquai que l’une des poignées bougeait beaucoup, menaçant de se dévisser. Au moment où je la saisis entre deux doigts,  en pensant fort à ma maison,  mon arrière-grand-mère entra dans la pièce! J’eus juste le temps de dire : « je suis ton arrière-petit-fils » et je fus transporté.

Je me retrouvai devant l’antique mobilier et m’aperçus au silence qui régnait,  soulagé, que mes parents n’étaient pas encore rentrés. Maintenant, il fallait que je trouve une excuse pour mon heure de retenue, pensai-je en baissant la tête… Alors je découvris dans mes doigts le cadeau que le Temps venait de me faire: la poignée y brillait comme neuve! Elle disposait même de ses deux clous accrochés!
– C’est ennuyeux pour cette heure de retenue, s’exclama mon père. Si ta professeure avait su combien ta trouvaille est exceptionnelle, elle ne t’aurait pas reproché d’en parler! Allez ce n’est qu’un mauvais moment à passer, mon fils!
Et c’est ainsi que mes grands-parents m’aidèrent à faire excuser l’unique heure de retenue que l’on m’ait jamais imposée jusqu’à présent !

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Un commentaire pour Malo (2014):

  1. Malo dit :

    Bonsoir Madame,
    J’ai adoré vos changements surtout avec la poignée de la commode.
    C’est tout simplement génial!
    Maintenant je vais lire les nouvelles des autres élèves et je pense que je vais me régaler.
    Cordialement,
    Malo

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