Nandy (2014):

Avec ma mamie , nous nettoyions l’armoire de la chambre d’amis. A l’intérieur, sur une étagère, je trouvai une très vieille boîte en fer, que j’ouvris par curiosité avec la permission de ma grand-mère. Des photographies qui dataient de mon enfance s’en échappèrent. Mamie me rappela que cette chambre était celle dans laquelle je dormais, quand on me confiait à elle, à l’époque où la famille n’était pas encore séparée par des querelles que je regrettais.
Elle m’en montra une, de moi, toute petite, perdue au milieu de mes peluches. Je reconnus Monsieur Bongo, le gros nounours blanc, qui était sur mes genoux et qui se trouvait encore dans cette chambre. Je m’en approchai avec une joie nostalgique et quand je le touchai, je fus un instant tout étourdie avant de constater que je me trouvais certes dans la même pièce… mais face à une adorable petite fille.

La mignonne enfant me remarqua et s’avança vers moi pour me demander de jouer  avec elle et son bataillon de jouets, éparpillés tout autour de nous. Sans réfléchir, j’acceptai car elle était gentille et belle. Une  dame d’un certain âge, qui ressemblait beaucoup à ma grand-mère plus jeune, entra dans la chambre et appela la petite fille pour manger. Son prénom résonna comme un coup de cymbales:  » Nandy ». Il m’avait donc fallu une telle évidence pour que je sois capable de me reconnaître, tant il est inhabituel, contre-nature même,  d’être en présence de soi-même!  Réalisant que je vivais un instant particulièrement fou, je ne sus comment réagir mais le fait que je me sois plu me fit un très grand bien.

Mon petit double revint et me tendit Monsieur Bongo en me chuchotant: « Tiens, garde-le car il ne doit ps manger encore. Il a mal au ventre! » Je le touchai et la fulgurance du souvenir n’eut d’égal que l’éblouissement du retour au présent! Dans un véritable coup de tonnerre, je me rappelai de la particularité de cette peluche-là. 
Je la retournai  fébrilement et ouvrit sa poche ventrale où se trouvait encore… le dernier petit dessin que j’avais donné à Mamy  lorsque nous  avions dû nous séparer suite au divorce de mes parents. Non, elle ne m’avait jamais oubliée  et j’en avais là la preuve. Elle me vit faire et nous nous embrassâmes. Allons, il fallait oublier les souffrances du passé! Comme  je dors souvent le week-end, chez Mamie, Monsieur Bongo conserve mon journal, celui dans lequel je consigne tous les détails des bons moments que je passe désormais avec ma Grand-mère, qu’une meilleure entente entre mes parents m’a rendue enfin.

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Un commentaire pour Nandy (2014):

  1. NANDY dit :

    J’adore mon nouveau texte.

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