Océane (2014):

Je me promenais à vélo dans les collines avoisinantes, quand j’eus très soif. Je m’arrêtai à l’ombre d’un arbre, ouvris mon sac pour prendre une bouteille d’eau et je vis la photographie de mes grands-parents décédés s’échapper de mon portefeuille. Je bus un peu puis me perdis dans la contemplation du couple, me demandant quel était le caractère de mon grand-père que je n’avais malheureusement jamais connu. Je rangeai le cliché et repris ma route m’imaginant les circonstance entourant l’instant figé sur l’image où mes ascendants figuraient, assis sur leur bicyclette à l’arrêt, souriants. Je ne me concentrais plus vraiment sur mon chemin.
Perdu dans mes réflexions, je sentis alors une brise fraîche caresser mon visage. L’atmosphère me parut légèrement plus froide,
le ciel moins nuageux. Je perçus une odeur de campagne terreuse et me demandai où je me trouvais, faute de reconnaître les lieux. Je remarquai que je roulais sur un sol de terre. Me retournant, je constatai que derrière moi, les collines boisées avaient cédé la place à un endroit qui m’était vaguement familier. Alors j’aperçus, plus loin devant moi, une femme et un homme d’une vingtaine d’années qui s’approchaient sur mon chemin. Nos vélos cahotaient. Je les entendis rire et s’échanger une plaisanterie. Les dévisageant à mon aise, je les reconnus !
Je restai sans voix, totalement sous le choc de leur présence si évidente. Ils me parurent si beaux, si jeunes, si amoureux.

Ils me demandèrent si j’acceptais de les photographier ensemble. J’acceptai machinalement, toujours sous le choc. Ils me tendirent un appareil ancien, que je  pris avec précaution et me demandant comment il fonctionnait. Mon grand-père, voyant sûrement que je ne savais  pas l’utiliser, m’expliqua ce que je devais savoir. Je les cadrai soigneusement et fixai leur image selon leurs vœux puis  leur rendis l’instrument. Mon grand-père me demanda alors si je m’étais perdue car je devais avoir l’air ahuri. J’acquiesçai et il se mit à me donner des repères avec quelques précisions formulées par  ma grand-mère. Je les remerciai puis mon attention se porta alors sur mes habits, je portais une robe qui ressemblait un peu à celle de ma grand-mère et qui me rappelait les habits de l’époque ainsi que des sandales. Tout ce que je vivais me semblait être un rêve, et pourtant tout me paraissait réel, de plus, sur la photo que je venais de prendre il me semblait les avoir  pris exactement dans  la même posture que sur la photographie de mon portefeuille.  En fait, peu m’importait qu’il s’agît d’un rêve ou non;  je décidai d’en profiter au maximum pour en apprendre plus sur eux. Je me renseignai donc sur leur région, leur métier, leur vie sans paraître trop indiscrète. Converser avec eux fut facile parce qu’ils parurent sensibles à mes démonstrations de sympathie.   Heureuse d’avoir pu les rencontrer, j’en oubliai presque que je me trouvais dans le passé, bien avant ma naissance, bien avant celle de mes parents!

C’est alors que mon grand-père attira mon attention sur le pneu de mon vélo qui était à plat. Je n’avais pas remarqué plus tôt qu’en plus de mes vêtements et de mon voyage dans le temps, mon vélo n’était plus le même. Loin du VTT que j’utilisais la veille, c’était une bicyclette de dame, comme celui que ma mère tenait de son père et conservait religieusement au garage. J’examinai avec perplexité le pneu et voulus lever la tête pour poser une question… ce fut le noir total.

Puis le décor revint… J’étais assise contre l’arbre dont j’avais choisi l’ombrage, la bouteille d’eau à la main, rebouchée.  Le soleil se trouvait à la même position que dans mes souvenirs, j’avais de nouveau mes habits et mon vélo habituels… mon casque et mon sac posés près de moi… et la photographie de mes grands-parents posée dessus. La rencontre de mes grands-parents avait-elle eu lieu?  Avant de ranger le cliché dans mon portefeuille, je remarquai la barrette que portait mon aïeule. Elle me rappela beaucoup celle que je  ne trouvai plus dans mes cheveux… Bizarre, non?

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