Les textes de la sixième 3 (2011):

                   Toutes les idées proposées étant intéressantes, un tirage au sort a déterminé les textes à fournir aux écoliers qui doivent les continuer. Les titres sont parfois dans les images illustratives:

Au Magic ciné

            Comme presque tous les samedis depuis trois ans, Petrus et Roger vont au cinéma parce qu’aujourd’hui c’est l’opération « cinéma en fête » et qu’ils vont pouvoir enchaîner plusieurs films nouveaux pour un prix modique.
            « Viens, dans la salle 3, il va y avoir de l’action ! » appelle Petrus.
            Bien évidemment le public leur ressemble dans cette salle et, déjà, ce sont des explosions de cris au moindre prétexte. Ils ont la même passion pour les films d’aventures et d’action !
            Les deux copains se sont assis dans les places du milieu  et ils prennent beaucoup de plaisir dès  les premières images. Dans la pénombre, ils échangent des  regards complices à chaque fois que des frissons glacés leur passent dans le corps.
            Ils rient plus fort encore quand la même action les amuse et leur plaisir est bien plus grand parce qu’ils le partagent avec la salle entière et d’autres garçons  qui poussent de grands  éclats de rire, des éclats de joie, comme eux… ou même cette personne, deux rangs plus loin, qui en fait tomber son paquet de « Tagada Pink».
            Et pourtant cette première histoire délirante n’est guère crédible : « On voit trop les effets spéciaux ! » chuchote Roger. Le cinéaste a voulu faire croire que le héros se téléporte à des kilomètres en moins d’une seconde ! Mais, comme toujours, plus les films sont spéciaux  plus les deux amis s’esclaffent.
            A la fin du premier spectacle, ils sortent de la salle de projection pour acheter une grosse bouteille de boisson à l’orange gazeuse puis reviennent à leur place que, par chance, on ne leur a pas prise et  ils boivent à petites gorgées et les bulles de leur boisson leur pétille sur la langue, lorsque commence le second film encore plus incroyable que l’autre.
            Soudain ils entendent « ploc! » et Roger se dissout dans l’air. Petrus ouvre de grands yeux mais n’a pas le temps de réagir car il subit le même sort et il se retrouve auprès de son ami.

Bastpack-Allez l’O.M. 

          Elle s’appelait « Bastpack-Allez l’O.M. », la trousse en tissu blanc et noir  de Randy et elle était devenue…bien grosse, vraiment  obèse de toute une famille de stylos bleus et noirs, de plusieurs gommes aux formes inattendues, de règles transparentes, d’affreux ciseaux et même… de minuscules et mystérieux bouts de papier (et pourtant Randy était un bon élève et n’utilisait pas de sarbacane)!
            Tout ce petit monde malin faisait la fête et tous sortaient à toute heure et même pendant la brève récréation. Elle en était épuisée à force de s’ouvrir et se fermer.
            Certains, qui avaient quitté la trousse-abri un soir de longs devoirs,  ne rentraient pas avant le matin, juste au moment d’aller à l’école car ils avaient  passé la nuit dehors à se distraire après le travail et alors que « Bastpack-Allez l’O.M. » s’était fait beaucoup de souci… ils revenaient  juste au moment où le garçon  allait  tirer rageusement sur la fermeture éclair de la vieille trousse parce qu’il était en retard. La belle robe de la trousse s’était même déchirée par endroits et si elle acceptait les tags de Randy, elle ne voulait plus être autant méprisée.
            Non, décidément, ce n’était plus une vie d’être ainsi soumise aux différentes envies de ses rusés habitants. « J’en ai assez de tous ces va et vient ! Il faut que ça cesse ! » hurla-t-elle en se révoltant soudain, un beau matin à neuf heures vingt. Elle devait trouver une idée pour se soulager de tout ce fardeau qu’elle portait, puisque désormais elle était remplie à ras bord, prête à craquer totalement!
            Alors la malheureuse les relâcha tous en un déballage fracassant, en plein cours de français, pendant le silence d’une interrogation écrite !

 18 juin 2011

            « 18juin2011 » avait bien servi depuis qu’il avait été acheté. Il était désormais aux deux tiers vide  et voyait souvent le petit garçon qui l’adorait et en dégustait régulièrement  une cuillérée au goûter.
            Certes Max était bien rond et avait besoin de l’aide de sa maman pour attraper son  pot de pâte à tartiner préféré, « 18juin2011 », qui  lui rendait bien cette affection car le pot appréciait beaucoup d’entendre les rires joyeux de son petit consommateur. Le bon gros pot se distrayait en écoutant l’enfant raconter  les histoires de sa vie de collégien ou en regardant la télévision à ses côtés.
            Souvent Max partageait sa pâte avec un camarade bien sympathique, Edouard, et avec  leur voisin, Jacky, (qui ne l’était guère car il se servait sans demander la permission et « 18juin2011 » avait peur de finir trop vite son existence). Tous trois étaient grands amateurs de crème chocolatée à la noisette.
            « 18juin11 » était un grand pot de 500 grammes et il avait permis de transformer tant de tartines de pain ou de tranches de brioches  en un vrai régal… un si grand nombre… qu’il ne se souvenait plus de tout ce qu’il avait vu engloutir par les enfants depuis un bon mois!  Et il ne s’était jamais posé de question sur cette habitude condamnable des enfants de la famille où il était entré, puisqu’il n’existait que pour cette raison: donner son bon goût, sa pâte fondante et son odeur alléchante aux gourmands. La maman aussi l’aimait beaucoup et ne dédaignait pas de se servir copieusement de son contenu savoureux.
            Non, rien ne lui avait semblé incorrect dans ces goûters-là car il n’était qu’un aliment, après tout. Il n’avait jamais pensé à rien jusque-là…
            Jusqu’à ce mois de février où la maman s’écroula, victime d’un infarctus  dont elle fut sauvée à temps, et où il entendit le diagnostic des pompiers!

La piécette

            Au fond du porte-monnaie bleu très usé  de Papy, une piécette d’un centime, toute rouge-moisi de n’être plus ressortie depuis le jour où la boulangère la lui avait remise, aurait bien aimé repartir pour un nouveau voyage afin de  retrouver sa splendeur et sa brillance à force d’être manipulée.
            Oh oui, elle rêvait de ces transports de main en main, de portefeuilles en porte-monnaie. Elle voulait sauter de poche en poing, de comptoir en caisse enregistreuse, de table en chemin, se perdre et être retrouvée… vivre, quoi !
            Même Mamy Couscous, qui emportait  parfois le porte-monnaie, ne la voyait pas. Il faut dire qu’elle était aussi myope que son mari….et il y avait donc des mois que le cent n’avait pas pris l’air.
            Pourtant la pièce sonnait fort contre ses sœurs si nombreuses et voyageuses, elle jouait de tous ses reflets pour l’on attrape et, plusieurs fois, les doigts  déformés et crochus de ses vieux  propriétaires  l’avaient tenue mais, trop rouge à cause de tous ses efforts pour se faire prendre,  elle était si légère, si peu lisible, si minuscule…. qu’ils la relâchaient toujours et qu’elle retombait, toute triste d’avoir autant de malchance.
            Par un jour de forte pluie, (« Jour pluvieux, jour heureux! »), Papy, grincheux à cause de ses rhumatismes, dut aller chercher du pain et…. le miracle se produisit enfin.

 Les sons d’Eléa

            Dans le dossier « Mémovocal » du lecteur audio d’Eléa  ont été enregistrées de nombreuses sonneries et musiques. Un mp3, un peu vieux et pourtant toujours à la mode,  « KamaKawiwo », a été séduit par une mignonne vidéo mp4, « TheTime. Black Eyed Peas », qu’ Eléa vient de télécharger  et qu’elle écoute très souvent.
            Il faut dire que ses  sons modernes, ses images capricieuses ou  romantiques ne peuvent que séduire et  « KamaKawiwo »  les entend comme un doux bruissement. Il trouve « TheTime. Black Eyed Peas » … si gentille, si belle , si rythmée… Peut-être un peu trop courte mais vraiment magnifique.
            Rien qu’en la sachant à ses côtés, « KamaKawiwo » est tout bouleversé. Il se sent… tout bizarre dans ses sons et très amoureux.
            Vers minuit, quand les objets prennent vie, il décide de se jeter à l’eau et de déclarer son amour à la chérie de ses rêves en lui jouant sa mélodie mais…. quelle horreur! Juste avant d’ouvrir un son, il l’entend dire à sa voisine qu’elle est déjà  en couple avec…. la meilleure B.O.ciné du mois ,  un mini film en mp4 premier au TOP20 des vidéos les plus téléchargées!!!

 Histoire de famille

            « On m’a toujours demandé, à l’école primaire, quel était mon plus grand rêve et ma réponse a toujours été la même: AVOIR UNE FAMILLE NORMALE!
            Vous trouvez sûrement ce souhait très bizarre mais il faut connaître toute ma famille pour me comprendre! Ecoutez donc ce qui suit:
            Ma tante Chouqua croit qu’elle a de grands dons de voyance et m’a raconté que le grand M. Barak Obama était venu la voir autrefois. Elle lui aurait prédit qu’il allait devenir président. Vous voyez déjà mieux le problème, non?
            En ce qui concerne mon père, le pire eut lieu lorsqu’il débarqua dans ma chambre en dansant comme Michael Jackson, un vieux slip bleu sur la tête en guise de beau chapeau, une chaussette trouée à la main droite comme mitaine et un concombre biscornu pour micro. Oh, il dansait très bien… là n’est pas le plus gros  problème! Mon principal souci est qu’il n’est jamais très concerné par la réalité de notre quotidien et invente des histoires plus bizarres les unes que les autres.
            Du coup, mon petit frère, lui, se prend pour Tarzan et se suspend à tout ce qui peut lui permettre d’imiter son modèle.
            Tout allait bien malgré tout… jusqu’au jour où ma mère, qui n’était pas la plus bizarre d’entre nous même si elle répétait que seul son départ la sauverait de la folie, finit par nous quitter vraiment en affirmant qu’elle méritait bien mieux

 Chez Valéry

            « Chez Valéry » était une maison habitée par des personnes très sympathiques. « Chez Valéry » était heureuse parce que ses propriétaires s’occupaient beaucoup d’elle: ils lui repeignaient  les volets, la gardaient bien propre. Valéry, la propriétaire si agréable, choisissait les couleurs de la décoration et aimait sa maison aux volets bleus et violets.
            La dame avait beaucoup de goût et disposait des belles plantes dans son jardin dont elle avait dessiné elle-même les plans.
            Le mari, David, aimable et admirable, faisait de nombreuses réparations. Il avait lui-même reconstruit les murs, réparé la plomberie et entassé les monumentales étagères. Le mobilier que contenait « Chez Valéry » était stylé: tout en bois vernie et un peu déformé, dans le salon. Les meubles étaient normaux : droits, en bois et grands.
            Toute la belle et fabuleuse famille rentrait le soir avec bonheur et déjeunait tranquillement et calmement. Un jour David fut muté très loin de là et il dut accepter de déménager dans les Pyrénées parce qu’il avait besoin de conserver son poste et qu’ils avaient toujours plus besoin d’argent. Il fallut mettre « Chez Valéry » en vente aux bons soins d’un noble et mémorable agent immobilier.
            Quand la famille en parla à table, le soir venu,  « Chez Valéry » entendit tout et en fut trop malheureuse.

Balade de nuit

            « Ah! ce fut une histoire inimaginable que je vécus cet été-là!
            Fin  juin, lorsque j’étais en CM2 à l’école primaire de Peyrolles,  nous étions partis en classe « verte », pendant cinq jours, à Marseille. Le lundi nous avions visité des monuments historiques, vu de nombreux objets  anciens et beaucoup marché toute la journée.
            Nous rentrâmes à l’auberge agréable où je dormais dans la chambre numéro huit dont le code numérique nous  fut confié, à chacun des quatre camarades  de classe dont j’étais, les élèves désignés pour y dormir. Nous avions posé la petite carte sur laquelle était inscrit ce code sur la  petite table marron  pour ne pas l’oublier et l’institutrice avait la liste récapitulative de tous les codes.
            Le séjour commençait bien et nous étions déjà bien fatigués par la marche de la journée ensoleillée.  Nous avions dîné tous ensemble sur deux longues tables blanches  et le coucher avait été  magique car tardif  mais nous avions eu chaud quand l’institutrice avait exigé de nous voir rentrer dans nos chambre et aller au lit parce que nous faisions trop de bruit.
            Le mardi matin, quand je me réveillai le premier, à quatre heures, je dus me rendre aux toilettes. Je sortis en pantoufles et pyjama, bien pressé. » [rappel: une balade = une promenade / une ballade = une chanson ]

Iris et Cristal

                    Certes ils vivaient ensemble mais ils ne s’étaient, évidemment, jamais vus… ailleurs que dans un miroir alors qu’ils étaient de vrais jumeaux! Iris et Cristal étaient habillés de reflets vifs. On les trouvait si beaux, si grands, si… verts que tous les garçons sur qui ils posaient le regard tombaient aussitôt amoureux de leur maman, la belle Lisa. Iris et Cristal étaient deux beaux yeux au regard profond.
            Il faut dire qu’ils avaient de la chance car ils ornaient un magnifique visage de petite brune pétillante, là,  juste au-dessus d’un petit nez et d’une jolie bouche.
            Ils étaient les amis inséparables d’un bon caractère, Menta, qui adorait voir les animaux qu’ils lui montraient, courant dans les jardins et qui aimait le monde entier  puisqu’Iris et Cristal le lui décoraient avec des couleurs magnifiques.
            Tous menaient une agréable existence; ils étaient heureux.
            Quand un matin ce fut la catastrophe: la mère de Lisa les emmena passer une visite de contrôle chez l’ophtalmo.

 Général Pen

            Tout au fond de la petite poubelle bleue du  bureau de Président  Guillaume, qui ne mâchait jamais de chewing-gums et ne jetait que des fournitures de bureau usagées et  des instruments pour écrire, un stylo vide d’encre rêvait d’être de nouveau utilisé car il avait la nostalgie des km d’écriture, des millions de mots qu’il avait écrits,  des belles et longues lettres… de tout ce qu’il avait vécu auparavant.
            C’était avec lui que le contrat de paix entre la France et les Japonais avait été signé! Mettre fin à une guerre, quelle gloire! Et ce n’était pas un stylo en or ou argent qui l’avait fait mais lui, un simple stylo qui s’était trouvé au bon endroit et au bon moment quand celui que tenaient les  jolis doigts de mademoiselle la présidente des Japonais était tombé en panne d’encre! Alors elle l’avait accepté, lui que tendait Monsieur Guillaume. Il se souvenait avec plaisir de cette main  bien plus délicate  que celle  du président  qui l’avait si souvent  serré trop fort!
            Comme il avait détesté que l’on se servît de lui comme d’une règle, le tachant avec l’encre d’une autre bille! Son pire souvenir fut lorsqu’il s’était retrouvé dans la gueule noire du chien d’un politicien. Il avait conservé quelques temps les traces de la  bave gluante  malgré le nettoyage que la secrétaire  lui avait fait.
            Il avait longtemps voyagé dans la pochette du costume de M. Guillaume. On lui avait confié la rédaction des plus grands secrets, comme les fois où il avait rédigé des contrats commerciaux  mais il appréciait moins  les signatures qui lui donnaient le tournis.
            Et voilà qu’il était désormais à la poubelle parce qu’il avait eu des ratés et qu’il lui était arrivé de faire une tache ou deux, des pâtés et quelques gribouillis sur les grandes et belles  feuilles gâchées.

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