Les autres textes de la sixième 3 (2011):

Princesse et Marquis
 

                 Dans le grenier poussiéreux de Tatie Didine, une belle tenue de danse éblouissait tous les vieux objets alentour, malgré la housse opaque qui la cachait un peu. Tous enviaient ses couleurs flamboyantes et ne regardaient pas avec le même plaisir le complet de marquis que le mari de Didine avait acheté pour un bal costumé et qui tentait de se faire remarquer en étalant ses belles dentelles.
                    Mais les propriétaires de ces beaux habits, ne les avaient plus portés depuis bien des années ; ils ne pouvaient même plus les mettre… Pourtant Didine et son mari étaient si petits et si minces que les deux vêtements espéraient voir entrer des enfants… Ils imaginaient en rêve une nouvelle vie.
                    Mais la jolie robe de bal et le déguisement en avaient assez d’attendre dans le grenier qu’on les en sorte enfin. Oh, comme le temps leur était long ! « C’est sûr, je vais en perdre mes couleurs ! » se désolait-elle tandis que le costume de marquis poussait de gros soupirs.
                    Quand un matin la dame monta, tous deux furent plein d’espoir : ils allaient peut-être pouvoir sortir puisqu’elle venait chercher des objets à revendre au prochain vide-grenier… Elle avisa les deux vêtements…  mais décida d’attendre la venue de ses neveux pour les leur donner! Et l’attente reprit.
                    Enfin, ils n’en crurent pas leurs boutons lorsqu’une après-midi, ils entendirent des rires d’enfants et ils en tressautèrent de joie. C’était bien les neveux de Tatie Didine, les deux faux jumeaux, une fille et un garçon, qui venaient fêter leur anniversaire…

Cachouète

                    Depuis plusieurs mois déjà, Cachouète, le sachet de cacahuètes, celui qui s’était beaucoup parfumé avec la salière, traînait dans le placard gauche de la cuisine. Plus qu’une dizaine de jours et il serait périmé, bon à jeter car il ferait craindre au propriétaire des lieux une quelconque maladie digestive.
                    Une peur effroyable, et même terrible, lui venait : lui qui n’avait qu’un rêve, finir ses jours au fond d’un estomac satisfait de son goût, allait bêtement se retrouver dans une décharge… inutile, perdu et pourrissant.Il tremblait, pleurait, gémissait et trépignait tant il se désespérait d’être enfin choisi.
                    Quand le gros monsieur Albert, un homme tout rond et gourmand, qui avait tout le temps faim et le désir de manger, arriva et le prit, Cachouète crut que son heure de gloire et de reconnaissance était arrivée. Mais lorsque son propriétaire, en quête de sucreries, le reposa pour attraper le pot de chocolat qui répondait mieux aux attentes de ce spécialiste dans la gloutonnerie, le bon gros paquet fut tout près de fondre… en larmes de sel. Il eut beau répéter : « Mangez-moi ! », Albert referma le placard.
                    Il fallait que Cachouète change les choses rapidement, qu’il trouve une idée efficace pour résoudre son problème, ce casse-tête des aliments dans les pays trop riches.

Perly

                    Pendant cinq longs mois, un petit bracelet, Perly, attendit qu’une cliente l’achetât enfin. Il se lamentait, seul et désespéré de n’avoir personne au poignet de qui se montrer. Il rêvait d’un petit bras d’enfant, rond et ferme, qui porterait tout un groupe de copains de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les matières.
                    Mais personne ne le regardait, au travers de son sachet en plastique au code barre blanc et noir énorme, un peu caché par son étiquette dont les chiffres annonçaient un prix bien excessif. Pour cette somme on pouvait avoir toute une série de bracelets-formes au rayon voisin!
                      Il faut croire qu’on le trouvait horrible ou démodé ou encore que les autres bijoux de ce présentoir, contrairement à lui, paraissaient magnifiques et plus colorés… pour qu’aucun enfant ne l’aperçût jamais.
Chaque fois qu’une petite main venait voleter sous son nez, il croyait qu’il allait enfin être porté par une gentille gamine venue le délivrer mais il n’était jamais choisi, à sa plus grande déception.
                     Si bien que lorsque Nancy, ce soir-là, au retour du collège, vint dépenser son argent de poche et qu’elle l’attrapa soudain… ce fut pour lui un jour merveilleux, après tous ces longs mois de prison.
                    Enfin il allait voir du pays ! Enfin il allait connaître du monde ! Enfin quelqu’un allait s’occuper de lui.

Les boîtes

                    «Apportez-nous votre or: nous payons cash 14 Euros le gramme.» Depuis qu’il avait lu cette publicité Victor Pompasdoux avait tout fouillé dans la maison de son vieil oncle malade, qui ne se souvenait plus de rien et lui demandait régulièrement qui il était.
                      Victor était le seul héritier du vieux monsieur, sa seule famille et il s’occupait très bien de son tonton à qui il rendait visite régulièrement, puisqu’il était célibataire… mais il avait moins bien réussi dans la vie et avait besoin d’argent.
                      Il fouilla donc toute la maisonnette et s’énervait en cherchant les bijoux qu’il avait autrefois vu au cou de sa tante, décédée depuis si longtemps. Il ne fallait pas compter sur l’aide de son parent, qui avait tout oublié de sa vie passée et lui répétait quand il le rencontrait au hasard de ses déplacements dans la maison : «-Bonjour Monsieur. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?
-Mais Tonton, c’est moi, Victor ! Vas-tu enfin me reconnaître aujourd’hui ?» lui répondait le neveu sans se lasser, avec une infinie patience.
                     Monsieur Ppmpadoux allait renoncer à sa recherche, quand il finit par découvrir deux boîtes, dans le grenier: un tout petit coffret, très sale, auprès d’un gros coffre magnifique orné de plusieurs petits diamants.

Chez Monsieur Alfred

                    Dans le vaste château du célèbre monsieur Alfred, le vieux rez-de-chaussée fut mis en location par une annonce parue dans le journal local.
                    Cette habitation était très mystérieuse pour les habitants du coin parce qu’on disait que le propriétaire avait 126 ans passés et qu’il devait partager son domicile historique avec le fantôme de son épouse, si bien que personne, dans la région, ne se serait risqué à venir habiter chez eux!
Certes personne n’avait jamais revu monsieur Alfred depuis l’enterrement de sa femme… il y avait tant d’années de ça ! Mais les ragots allaient bon train.
                    On racontait que dans la chambre où le couple dormait autrefois, Henry IV avait séjourné et que ce souverain revenait parfois aussi parler au vieil homme ! Des passants auraient vu des ombres passer derrière certaines fenêtres. L’annonce resta longtemps dans le quotidien, régulièrement payée par un courrier du châtelain.
                    Au bout de quelques mois pourtant, une petite famille parisienne loua enfin les lieux et ne se montra pas gênée par la présence du vieux monsieur au premier étage car les trois enfants et leurs parents avaient un heureux caractère. De plus ils ne devaient pas rester dans cette grande et vieille villa car ils souhaitaient acheter une belle maison bien à eux.
Cependant ils furent peu à peu obligés de changer d’avis…

Bobolat

                    Elle vivait en paix et heureuse, Bobolat, la raquette de tennis de Jean-Marie, parce qu’elle participait à tous les entraînements et à tous les matchs auxquels était inscrit son propriétaire, quelle que soit la difficulté des échanges.
                    Elle était mince et belle, se sentait légère et toujours aussi sportive! Quand elle était au repos, elle était rangée dans le placard de l’entrée et portait un étui noir et blanc très pratique avec des balles d’un jaune magnifique. Une grande amitié la liait aux balles et elle pleurait toujours du malheur qui leur arrivait lorsque leur tennisman préféré devait en jeter une. Elle était si sensible, Bobolat, et elle se sentait très proche de ses amis.
                     Bien sûr elle n’avait pas trop le temps de réfléchir car elle travaillait toutes les semaines, aux entraînements du mercredi et aux matchs du dimanche ! Elle prenait de nombreux coups pendant que Jean-Marie jouait un match très serré mais elle s’en moquait car elle pensait qu’ils étaient, ensemble, les meilleurs et elle ne s’imaginait pas séparée de son champion.
                    Alors comme Bobolat fut choquée lorsqu’elle entendit, du placard où elle dormait, le jour de l’anniversaire de Jean-Marie, qu’on venait de lui offrir une raquette brillante, argentée… bien plus performante ! Le père vantait la légèreté de ce nouveau matériel et la mère rêvait déjà des performances que Jean-Marie allait accomplir avec elle.

Esprits frappeurs

                     « Au manoir de la roseraie » Mickaël et Stéphanie avaient emménagé, un peu plus d’un an auparavant, tout heureux de s’installer dans une maison plus grande que la précédente. Le manoir était une si belle résidence, vue de l’extérieur.
                    Il n’avait pas fallu plus d’un mois pour que des bruit stressants, retentissent la nuit, dans le salon et la cuisine. On entendait, de minuit à 5 heures du matin, des coups de hache.
                    Ils finirent par penser que la maison était hantée mais comme ils avaient peur de perdre la raison, ils décidèrent de filmer leur maison en des points stratégiques tels que les chambres. De jour il ne se passait rien mais la nuit venue, la caméra enregistrait des faits difficiles à expliquer…

Le classeur de Jo

                    Dans le classeur de Jo, les feuilles n’étaient jamais rangées et le garçon ne trouvait jamais du premier coup celle qu’on lui réclamait.
Les parents étaient toujours occupés à classer ce tas de feuilles et répétaient à l’enfantqu’il devait mieux travailler. Mais comme le contenu du classeur ne cessait d’augmenter, les pages constituaient désormais un tas énorme dans lequel Jo ne s’y retrouvait plus.
                    Les feuilles supportaient mal la situation car elle n’en pouvaient plus d’être déchirées, froissées, abîmées ni d’entendre les cris des parents ou encore de constater que le jeune homme les regardaient d’un mauvais oeil.
                     Elles se concertèrent avec les épais intercalaires et les feuillets transparents. Tous décidèrent d’agir pour aider leur propriétaire, le pauvre Jo, à s’améliorer afin d’éviter le redoublement.

« LeynoldsFast »

                   C’était sa Taty qui l’avait offert à Gilbert, pour son anniversaire. Il s’appelait « LeynoldsFast » et était fier d’être un beau et magnifique stylo noir avec des belles rayures.
                   Le garçon s’en était longtemps servi. Par exemple ce fut avec « LeynoldsFast » que Gilbert avait eu un 20 en écrivant sa rédaction du premier trimestre alors ils ne s’étaient plus jamais séparés et ce fut toujours avec « LeynoldsFast » que Gilbert avait signé la carte de Noël pour sa Taty. Il lui avait répété qu’il la remerciait de lui avoir offert ce bon stylo et dit qu’il l’adorait. Et depuis il y avait eu tant de magnifiques souvenirs !
                    Ce très beau stylo à encre gélifiée avait souvent été prêté et « LeynoldsFast » se rappelait la fois où il avait était dans la main de Roger, le meilleur ami de Gilbert qui avait une écriture magnifique et lui avait fait danser un petit texte bien drôle.
Mais quand il se retrouva dans la poche de XXX, il sut qu’il avait été volé et qu’il ne reverrait plus Gilbert.

Petit bouton
 

                   Petit bouton était content d’être très utile. Il était tout simple, en bois avec deux trous mais il se sentait beau… quand il était propre. C’est pourquoi il se cachait tous les jours pour ne pas être sali mais on le retrouvait tout le temps, quand le roi mettait ses vêtement et qu’il accrochait l’autre pan de sa chemise verte,bleu et rouge.
                    Un jour le roi Torty partit à la chasse. Cet homme était vraiment très maladroit et, comme on s’y attendait, tomba de son destrier blanc et noir… et Petit bouton s’écrasa dans la boue marron.

« LikeGirl »

                    Il faisait sombre dans cette armoire jaune où je l’avais abandonné et il n’était plus sorti de là depuis que j’avais aperçu mon nombril à sa base et décidé qu’il était désormais trop étriqué. « Likegirl », mon vieux tee-shirt parme, apercevait de temps en temps ma chambre quand j’ouvrais le meuble, désireux d’en sortir. Et il était alors très jaloux de tous les vêtements que j’y rangeais car lui, je ne le sortais plus jamais.
                    Il ne lui restait plus que ses souvenirs de nos promenades « dans le monde », lorsqu’autrefois je ne le quittais plus tellement j’appréciais sa douceur. J’avais même vécu des belles histoires avec lui et il se rappelait des moments passés avec tant de joie qu’il en perdait des peluches de tissu, comme des larmes.
                    Alors, lorsqu’il m’entendit parler à ma mère de la brocante dans laquelle j’avais le projet de le vendre, il se fit tout petit, se roula en boule au fond de l’étagère au point que je me plaignis à ma mère parce que je ne le trouvais plus.
                    Maman est une personne active et elle fit donc une visite éclair dans cette armoire d’où elle sortit une caisse entière d’habits pour cette fameuse vente et ceux-ci en voulurent aussitôt beaucoup à « Likegirl » pour demeurer introuvable quand on allait se débarrasser d’eux.
                    Qu’il se sentait malheureux dans un coin, solitaire, tout au fond… mais il ne put rester plus longtemps dans l’armoire face à la recherche active de ma mère et il se retrouva lui aussi dans le carton puis au milieu des paquets d’ un marchand, sur la place de la mairie…

Glob, Glub, Glab

                    Comme ils vivaient heureux, les triplés magnifiques, Glob, Glub et Glab, jouant toute la journée le long des toboggans rouges et glissants, plus ou moins fluides, et parfois gluants, où il fallait faire la course pour arriver le plus vite possible là où le petit corps de Mélissa en avait besoin. Vite, vite, ils se précipitaient, se bousculaient, roulaient, les trois globules rouges, en dévalant les conduits des artères et même quand il n’y avait pas de veine, ils se faufilaient vers les cellules qui avait besoin d’eux pour leur apporter les nutriments réclamés.
                    Ils logeaient dans une partie du petit cœur en pleine santé de la fillette et aimaient ses pulsations comme les sensations extrêmes de la circulation sanguine dans laquelle ils nageaient toute la journée. Ils étaient les premiers sur place pour amener de l’oxygène à un muscle bloqué ou quand, tout à coup, une artère se bouchait, pour frapper, pulser l’amas de graisse et tenter de le percer. Ils étaient fiers d’appartenir à la B.S.G.R., la Brigade Spéciale des Globules Rouges.
                    Mais quand, un matin, Mélissa tomba malade, soudain, et que Glub Glab Glob furent appelés pour aider leurs supérieurs, les Globules Blancs, à la soigner. Le pire moment, ce  fut lorsque Glob commença à se sentir bien faible, attaqué par le virus.

« Au bonheur des gosses »

                    Dans le petit magasin de jouets «Au bonheur des gosses », au milieu d’un quartier reculé de la grande ville, les enfants ne venaient plus guère depuis que l’on avait construit une route à grande vitesse en élargissant la petite rue d’autrefois. Seuls des vieux papys collectionneurs franchissaient régulièrement la petite porte et les rires enfantins ne résonnaient plus beaucoup.
                    Jules, l’unique vendeur et propriétaire du lieu, mettait pourtant tant d’ardeur à faire lui-même une jolie vitrine et à bien nettoyer son magasin. Il multipliait les affiches humoristiques qu’il allait coller lui-même sur les murs des rues voisines et surtout il venait de passer commande de toute une ligne de petits soldats modernes, et d’autres soldats à têtes d’animaux, les S.M. (soldats modernes) et les G.A. (guerriers animaux) , qui passionnaient les enfants, si l’on en croyait les magazines spécialisés, et qui étaient articulés.
                    Le vieux monsieur retrouvait en les regardant son âme d’enfant: il les disposait sur sa table de chevet pour mieux rêver car il était passionné et c’était pour éviter de vendre son magasin, qu’il avait avancé une grosse somme d’argent en espérant réaliser une excellente vente.
                    Tous les derniers jours, il avait surveillé, dans la rue, la circulation des passants et il faisait des prières pour que l’on vînt enfin au moins voir ses marchandises. Quand, enfin, un garçon, Alex Mider, entra accompagné de sa grande sœur, en quête d’un cadeau d’anniversaire pour son meilleur copain.

Airless

                    L’oiseau qui ne savait pas voler avait un nom: Airless. Et comme il devait rester au sol pendant les migrations, il avait très froid pendant l’hiver, solitaire dans les arbres dénudés.
                    Et pourtant, il avait deux amis: Ripcorl et Estpack, qui, eux, savaient voler. Par amitié pour lui, ils lui proposèrent de lui apprendre la technique du vol mais Airless n’était pas décidé à changer de façon de vivre. IL adorait marcher et courir vite, c’était même le meilleur à la course… le plus nul en vol. Ripcorl et ESTPAK, déçus, partirent à contrecœur dans les pays du soleil.
                    Un jour, sans y prendre garde, alors qu’il courait très vite, il ouvrit les ailes et… commença à décoller. A un mètre du sol, il referma les ailes de peur, il tomba au sol car il eut le vertige …encore un désavantage pour lui.

Alison

                    Belle jeunette vert vif, aux grands yeux noirs et rouges qui lui mangeaient la face, ALISON voulait devenir une star de la chanson et elle s’entraînait en faisant des vocalises aigües comme une femme qui chantait à l’opéra toute la journée : « Coa! Coa! Coa! », sur tous les tons, en centre ville dans une petite mare du jardin de Monsieur le Maire. Alison était une grenouillette passionnée.
                     Ses voisins en avaient assez de l’entendre tous les matins car elle était beaucoup trop matinale. Ils avaient beau ne pas vouloir l’écouter chanter de l’opéra, elle chantait si fort, si longtemps et les sons résonnaient tellement que les sons leur remplissaient les oreilles et leur faisaient mal à la tête. Ils entendaient si souvent les mêmes mots que ne plus les entendre devenait impossible et que tout le monde se moquait d’elle comme d’une peste, d’un malheur.
                    Pourtant elle ne faisait aucune fausse note. Aucun canard ne survolait le jardin. Elle songea alors que s’ils la détestaient c’était parce qu’elle aimait l’opéra et elle pensa qu’elle devait changer de répertoire. Elle décida donc d’aller trouver Tony, la tortue mâle, qui était si maigre à force d’écrire des chansons de rock.

Rouquinette

                      Rouquinette en avait assez de grossir chez pépé Ali, le bon jardinier si gentil. Bien sûr elle vivait en paix mais elle voyait tous les jours les mêmes lieux. Non, elle ne manquait de rien, n’avait ni soif ni faim mais elle détestait ses bourrelets si gros d’où s’échappaient les poils, qu’elle pensait disgracieux, de ses radicelles. Jamais aucun parasite ne venait la distraire car le vieil homme y veillait quotidiennement. Elle était une très belle carotte, habillée de vert et surtout d’orange… Mais comme elle s’ennuyait!
                     Elle regardait tristement la maison d’en face, d’où s’échappaient tant de senteurs de bons petits plats préparés par la voisine et elle enviait ses semblables emmenées en voyage culinaire. Le mot « cuisine » la faisait rêver puisqu’elle voyait la dame cueillir ses légumes régulièrement et les emporter pour un voyage qu’elle croyait merveilleux!
                    Et voici qu’un jour elle surprit le regard de Pépé Ali, par la fenêtre, et elle sut qu’il venait enfin pour la cueillir lorsqu’il le vit s’avancer vers elle. Il la prit par ses fanes vives, la sortit délicatement de terre, la secoua doucement, la passa sous l’eau du robinet. Heureuse et propre, elle fut calée dans un groupe de copines aussi rougissantes qu’elle, surexcitées par l’inconnu car… on allait au marché!

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