Anibal de Bragance:

Dans ce récit, un petit garçon d’une douzaine d’années, délaissé par son père et assez mal éduqué par sa mère, apprend à aimer son frère adoptif de 5 ans, venu du Pérou.

Les élèves de quatrième , en 2013, ont composé des posters pour donner envie de lire cette oeuvre.

C’est Elisa qui a réussi le poster le plus intéressant:

Mais d’autres travaux ont mérité des compliments:

Que contient ce roman?
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Dans ce beau roman (dont le langage imite le langage courant voire grossier, ce qui est bien dommage) les thèmes de l’adoption,  la fugue ,  les figures de la mère et du père, la maladie… abondent. Cette  diversité des intérêts que représente la lecture de cet ouvrage compense largement le contenu de la page 27  (en pocket junior) où le tout jeune héros  voit, par la fenêtre comme le voyeur qu’il devient, son chauffeur de maître avoir des relations physiques avec la dame que ce dernier lui avait présentée comme une cousine!

Edgar, dit Sweetie, le héros, est un passionné de jardinage. Le livre cite un nombre incalculable d’espèces végétales.

Cet enfant doit être soit autiste, soit trisomique, soit si mauvais élève  (ou surdoué!) qu’il déçoit son père et les rapports qui se délitent avec cet homme sont à discuter en cours, de même que la solitude dans laquelle les parents très riches laissent leurs enfants aux « bons » soins d’un personnel qui se moque d’eux… or le petit frère adopté est asthmatique!

Le caractère daté de l’oeuvre est intéressant aussi. Gérard Depardieu y est appelé Legrandieu, l’acteur  fait un faux qui nous  permettra de parler des enfants qui imitent la signature de leurs parents ou copient. On aborde ainsi la fameuse réflexion des fins et des moyens au niveau du collège.

Quelques citations:

P. 9: «  Les acteurs, vaut mieux les voir en image; en chair et en os, ils sont comme les autres avec des défauts qui vous sautent aux yeux… »

P.12: « Moi je préfère me taire. »

p. 16: « Le malheur, c’est que j’aimais pas jouer. J’ai jamais aimé. »

p. 17: « Il fait toujours beau, ou presque, et la végétation change jamais, c’est luxueux, luxuriant, à force vous vous ennuyez. » (sur la Côte d’Azur)

p 18: « On avait une vieille voisine très calée, dans mon cœur je l’appelais « la reine de l’Eden » pour la bonne raison que, chaque fois que je franchissais le seuil de son petit domaine, je croyais entrer au paradis. »

p. 19 « Il paraît que les fleurs sont les cris de douleur des plantes, rien d’autre. »

p. 19: violence du père qui fait passer l’enfant par la baie vitrée «  cela fait presque 4 ans. » p. 20.

P; 20 « Elle parle pour nous deux et elle se persuade que je suis d’accord. »

P. 21 La copie du mauvais élève qui répond par une pirouette de fainéant au professeur de maths qui demande de faire une démonstration: « C’est un carré, croyez-moi sur parole. »

Son père l’appelle « crétin… inadapté… laissé-pour-compte… un légume » p. 22 et encore « taré » , P. 29 « un demeuré »… etc.

p. 24 « Alors je me suis mis à hurler. C’est le moyen le plus convaincant que j’ai trouvé sur le moment… »

p. 30 « Mathilde, c’est pas difficile, elle se met en congé de cuisine sitôt qu’elle n’a que moi à servir. »

P.33 « L’Inca ça lui a fait ni fou ni fa, on a pas vu l’ombre d’un tressaillement de sourire sur sa bouille d’empaffé…. un morveux de cinq ans. » suit le portrait du petit péruvien p. 34. (Je ne connaissais pas l’expression « ni fou ni fa »!)

p. 40 « ce type, c’est du silence comme jamais j’ai entendu, du silence 28 carats. »

p. 40 « il faut qu’elle glisse ses petites fientes érudites. » dit-il de sa mère.

p.42 « Mais allez intéresser un prof à ce qui vous tient à cœur, autant rêver d’arrêter un T.G.V. Lancé à pleine vitesse. »

p. 47  Anibal  » rit pas davantage qu’une porte scellée par huissier. »

p. 48 « La princesse Struzzi… imbattable question jardin. » Il s’agit d’une journaliste dans un magazine.

P. 49 « Les parents vous déçoivent jamais. Ils sortent toujours l’ânerie qu’on attend. »

‘P. 51 « J’ai débranché l’Inca. » affirme Sweetie qui a mis des boules Quies à son frère pour que le professeur de français lui fiche la paix.

p. 52-53 « Les yeux d’un enfant qui grandit, c’est comme le bassin du docteur Chevalier, peu à peu l’eau tourne, elle devient trouble, on peut même plus se voir dedans… J’ai repéré les responsables, les mots.. Ces sales pierres de la connaissance. » L’auteure doit vouloir parler de la prime enfance… sinon je suis en total désaccord avec elle sur ce point!

p. 56 « Les gens qui vous ont dans le nez savent très bien où et comment il faut frapper. »

p. 57 « Le défaut de la vérité est qu’elle est pas vraisemblable. »

P. 57: Sweetie se raconte une histoire pendant que son père le dispute.

p.58 « Je mets des boules Quies chaque fois qu’on me force à dîner avec les invités. »

p. 59 « Je suis moche que c’est une pitié. Mes parents ils m’ont raté. »

p. 59 « Chacun a sa liberté dans sa tête, à l’intérieur on est tous peinards. Avoir une pensée à soi que même pas le pape, même pas l’extralucide avec sa boule peut deviner, c’est vachement chouette. Surtout quand on est coupable et qu’on attend le châtiment. »

p. 61 Il parle du  docteur spécialiste pour « soigner les fêlés » qui vient l’examiner.

p. 63 «… je vais devenir « une tante » à cause que j’aime tant les fleurs. » affirme son père.

p. 64 L’épisode du « docteur pour les dingues » qui est comique parce que l’enfant dessine des fleurs, ce qui n’intéresse pas  du tout le spécialiste.

p. 65 Ses références pour fuguer sont: Aimé Bonfland et Raffenau-Delille.

p. 66 Il pense à rédiger ses « desiderata posthumes » pour répartir ses plantes chez des mais et il  pratique  l’art topiaire!

p. 70 Il reçoit de la part d’Hugues une gifle qui l’envoie « valser à trois mètres » parce que son frère s’est fait mal en l’aidant à construire un mur.

p. 74 Il joue avec son frère et précise: « vous pouvez pas lui parler mais il suffit de lui montrer, il comprend illico. »

p. 76 Il fait des cauchemars terribles. p. 77  compose avec les remarques toujours critiques de son ange gardien « Seccotine », qui  le coupe dans ses élans.

p. 81 A la suite de la crise d’asthme d’Anibal, il commence à l’appeler « mon frère ».

p. 86 Il parle de son frère en disant que ses parents sont tombés « sur un mec qu’était pas sous garantie. »

p. 87 « Même les fleurs, elles souffrent si vous les arrachez à leur milieu d’origine. »

p. 90 le docteur de famille lui donne un livre sur les Incas, qu’il apprend par coeur.

p. 92 Legrandieu claironne qu’Edgar sera un jour « l’émule de Lenôtre et Vilmorin. »

p. 93-94 Legrandieu imite la signature du père.

p. 97 Sweetie a les larmes aux yeux d’avoir été appelé par son prénom par Anibal.

p. 97 « J’aime bien les bouquins, vous les prenez, vous les laissez, ils sont pas susceptibles, ils vous en veulent pas. »

p.99 « Les Espagnols, soi-disant qu’ils étaient venus avec des gueules d’évangile pour apporter la bonne parole et apprendre aux sauvages que le Christ existait…. Le crime n’a pas de nationalité. » (Euh moi… je n’ai absolument rien contre les Espagnols! Qu’on se le dise!) Cette remarque  concerne l’extermination perpétrée par des colonisateurs venus apporter la civilisation.

p. 101 « c’était la jalousie qui me faisait déraisonner…. Aujourd’hui, au contraire, on adopte les enfants du « tiers-monde » pour leur plus grand bien. »

p. 102 « D’après lui mon frère est une « sentinelle ». » du fait de son asthme.

p. 104-5 Il s’occupe de son frère comme de ses plantes, avec délicatesse.

p. 107 « La patience, ils connaissent que ça, là-bas au Pérou. »

p. 108 à 110 la « méga » crise  d’asthme qui l’oblige à fabriquer une offrande à la Péruvienne Pachamama et à déraciner les deux-tiers des plantations du jardin dont il s’occupait avec amour… en vain.

p. 118 « A Paris, le métier des gens c’est d’avoir des idées. »

p. 127 Il reconnaît « Moi aussi je me suis attaché. » en parlant d’Anibal.

p. 128 Il raconte des contes à son frère et lui parle des chasquis péruviens, les messagers de l’Inca.

p. 130 Le père parle à la mère de « ses  deux dégénérés ».

p. 131-132 Le père apprend l’histoire de la lettre. p. 133 Edgar est le kiné de son frère!

P 135 « Les promesses que je fais à mon frère, y a rien de plus sacré. » Il lui parle des Incas puis envisage de le ramener au Pérou. Ils fuguent.

p. 157 Ils tombent sur des racistes qui les repoussent puis les agressent ensuite sur la famille loufoque de la Mamé enfin sur le pharmacien qui les dénonce et les gendarmes qui s’amadouent.

p. 165 « Les champions, c’est une sacré engeance: avant d’être champions, ils rêvent qu’ils sont champions, et quand ils sont plus champions, ils rêvent qu’ils ont été champions. »

p. 166 « Des fois, même si le cadeau pèse plus qu’un bourricot mort, vous pouvez pas refuser. »

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