Démo des maux des mots:

Chaque fois que le professeur reçoit un « devoir » de la part d’un élève, le nombre de fautes en tous genres contenues dans les textes, même dans ceux qui ont déjà été corrigés, est… exponentiel!

En voici un tout petit exemple dans un texte visiblement recopié à partir d’ouvrages de référence, tels que dictionnaires ou encyclopédies!!! Pour lire la suite, cliquez sur les mots suivants:

« Biographie de l’auteur:

George Sand est le pseudonyme d’Amandine Auror  Lucile Dupin,baronne Dudevant elle (1) est née à Paris le 1er Juillet 1804 et morte au chateau (2) de Nohant-Vic le 8 Juin 1876 d’une occlusion intestinale jugée inopérable.Celle-ci étais (3) romancière,auteur dramatique, critique littéraire française et journaliste.

Résumé du livre  La mare au diablecelon (4) moi:

Germain est un jeune veuf agé (5) de vingt huit ans possédant un fils (Pierre) de sa femme décédé (6).Un jour le père Maurice, le beau père de Germain conseille  à son fils de se remarier avec un (7) veuve d’un village voisin.

Lors du trajet pour aller rencontrer celle-ci il se perd dans la forêt et trouve finalement un endroit où dormir la nuit avec son fils, et Marie une jeune bergère agée de seize ans, il en tombe amoureux mais celle-ci le repousse à cause de son age.

Il confit (8) donc son fils à celle-ci et par (9) à la rencontre de sa prétendante qui lui déplait,il revient donc et protège Marie du fermier dont elle avait fuir les avances.Pendant plusieurs mois Marie et Germain s’adressent pas (10) la parole jusqu’à ce que celui-ci va (bonus) voir Marie qui lui avoue son amour. »

Total : –  6 fautes d’usage (dont 3 fois la même)

– 11  fautes de ponctuation ou d’espace typographique non fait.

–  3 fautes d’accords dans les GN ou les verbes.

–  3 fautes de conjugaison (dont 2 du présent de l’indicatif !)

–  2 fautes d’accent dans un participe ou un verbe conjugué au présent.

– 1 faute de grammaire

– 1 faute de syntaxe : mauvais choix de mode de conjugaison

= 27 fautes… environSans parler de l’emploi de « celle-ci » qui fait de la maladie funeste… l’auteur des oeuvres!

Comme exercice d’orthographe,  la classe devait donner les explications des fautes numérotées… et souvent les explications sont plus… « brumeuses »  que le texte expliqué!

Le comble de l’enseignant est… qu’il lui arrive régulièrement d’en oublier à force de corriger des milliards de fautes… et finalement même d’en produire, par mimétisme ou fatigue, une ou deux lui-même. (Qui peut vraiment résister  à un tel procédé renouvelé quotidiennement? Mes collègues m’affirment en être au même point.)

Et par cette faute que je laisse passer et dont je suis l’auteure, bien marrie  évidemment, même au milieu de centaines d’erreurs d’élèves (!)  les parents ou l’élève (celui qui a rendu le devoir ci-dessus, aidé par ma collègue du C.D.I. (!) en avait trouvé une unique au milieu d’une copie toute rouge de rectifications et me l’avait servie pendant des jours) vont me reprocher,  pauvre enseignant (e), soudain bien fatigué (e), une incompétence supposée…  et ils le font parfois dans des mots écrits sur le carnet comportant, eux aussi, bien des fautes!!!!

Quand je tape en direct la trace écrite du cours et que j’inverse deux lettres (parce que, ce faisant, je continue de parler, de diriger le questionnement du groupe et de faire vivre ma leçon) , un déferlement de doigts d’élèves plus préoccupés par la vérification de mes écrits que par leur copie si souvent incorrecte de l’ensemble des notes du cours, surgit et enfle, gronde et me noie avant même que j’ai fini de taper le mot!

Leur désir de corriger autrui, (et l’enseignant qui plus est), ne va pas jusqu’à la nécessité de se corriger eux-mêmes! L’élève veut être le professeur de son maître sans attendre d’en être tout à fait capable et il s’autorise de petites rectifications pour en tenter de plus systématiques sans en avoir honte, ad libitum:

« C’est français, ça que vous dites? » ou « Je sais pas c’est quoi que vous me demandez »… etc.

Nous sommes tous atteints par cette maladie du siècle attrapée en informatique ou sur nos portables… Mais certains sont encore plus malades que d’autres  faute de vouloir s’améliorer… ce qui est insupportable est « de devoir » RECORRIGER les mêmes fautes et « de devoir » refaire des rectifications parce que l’enfant ne veut pas améliorer son texte mais  préfère en produire un nouveau… comme si une baguette magique l’avait rendu soudain excellent en français  du fait d’avoir bien voulu se remettre à écrire!

Or je ne dispose pas de cette baguette magique.

Certes… les devoirs ne se réduisent pas à l’orthographe (ou je ne mettrais pas souvent la moyenne).

L’orthographe pourrait  sembler n’être comme l’écriture que  « la science des ânes »…

Mais les fautes dénaturent tant le fond que l’on ne voit plus soudain qu’une » forme horrifique, un fantôme de texte »… « un zombie de français » qui pousse à la folle dépression le  littéraire dont l’esprit tente de demeurer rationnel et juste qui se dit alors:  » Mais où sont passées les idées?  Il ne reste que des mots désarticulés! »

Le sens est défunt quand la forme est fausse.

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A propos des polygrapheurs

"Linguisticopenseurs artisticoécrivaillons"!
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