Programmes 2016, SECUNDUM ANNUM , premiers cours

_______A la faveur d’une interprétation erronée des nouveaux programmes, nous voici, pour cette année-ci seulement,  en totale interdisciplinarité. Ainsi   pendant nos deux heures de cours hebdomadaires , nous ne sommes pas trop de deux pour

  • faire débuter le latin à certains venus compenser le départ d’autres adolescents ,
  • continuer cette langue aux latinistes qui l’avaient commencée en 5ème l’an passé
  • et débuter l’italien avec un renforcement pour les italianistes  motivés.

_______ Nous avons donc choisi de commencer l’année par la partie

LA VIE SOCIALE A ROME et par l’étude des métiers :

_______Nous avons fait un commentaire d’images présentant des métiers ancestraux tels que vigneron, boulanger, agriculteur… et pour constituer un tableau trilingue (français, latin, italien avec quelques mots d’espagnol aussi)  nous avons lu l’épigramme de MARTIAL, Épigrammes, lv. XII, 57 :

Cur saepe sicci parua rura Nomenti
Laremque uillae sordidum petam, quaeris?
Nec cogitandi, Sparse, nec quiescendi
In urbe locus est pauperi. Negant uitam
5 Ludimagistri mane, nocte pistores,
Aerariorum marculi die toto;
Hinc otiosus sordidam quatit mensam
Neroniana nummularius massa,
Illinc balucis malleator Hispanae
10 Tritum nitenti fuste uerberat saxum;
Nec turba cessat entheata Bellonae,
Nec fasciato naufragus loquax trunco,
A matre doctus nec rogare Iudaeus,
Nec sulphuratae lippus institor mercis.
15 Numerare pigri damna quis potest somni?
Dicet quot aera uerberent manus urbis,
Cum secta Colcho Luna uapulat rhombo.
Tu, Sparse, nescis ista, nec potes scire,
Petilianis delicatus in regnis,
20 Cui plana summos despicit domus montis,
Et rus in urbe est uinitorque Romanus
Nec in Falerno colle maior autumnus,
Intraque limen latus essedo cursus,
Et in profundo somnus, et quies nullis
25 Offensa linguis, nec dies nisi admissus.
Nos transeuntis risus excitat turbae,
Et ad cubile est Roma. Taedio fessis
Dormire quotiens libuit, imus ad uillam.
A SPARSUS.
Pourquoi je gagne souvent le petit fonds de ma sèche Nomente
et le lare modeste de ma maison des champs?
Tu le demandes? Pour le pauvre, Sparsus, pas moyen, à la Ville,
de méditer ni de dormir. Comment tenir, dis-moi, avec les maîtres d’école le matin, les boulangers la nuit, et le marteau des chaudronniers tout le jour?
Ici, c’est le changeur qui passe son temps à faire sonner sur son sale comptoir de la monnaie au coin de Néron.
Là, c’est le batteur de lin d’Espagne qui, de son fléau brillant, l’écrase sur la pierre usée. C’est, sans arrêt, la troupe fanatique des prêtres de Bellone, le naufragé bavard portant, suspendue au cou, sa tirelire, et le juif instruit par sa mère à mendier, et le chassieux débitant d’allumettes
soufrées.
Qui peut compter le temps perdu à Rome pour le sommeil dira le nombre des mains qui frappent sur des bassins de cuivre, quand l’éclipse de lune est conjurée par le fuseau de Colchide.
Toi, Sparsus, tu ne connais pas ces misères, tu ne peux pas les connaître, bien douillet dans le domaine de
Pétilius, un vrai royaume, d’où une terrasse domine les sommets à l’entour. Tu as la campagne en pleine ville, ton vigneron est Romain et l’automne n’est pas plus fécond sur les côteaux de Falerne. A l’intérieur de tes
portes, tu peux faire des courses en char. Au fond de ton palais, le sommeil et le repos, que ne trouble aucune voix humaine. Et le jour n’y entre qu’avec ta permission.
Moi, les rires des nombreux passants me réveillent et Rome est à mon chevet. Dégoûté, fatigué, quand je veux dormir, je vais à ma campagne.

_______ Bien évidemment nous avons souligné le caractère « raciste » d’un Romain aisé qui méprise les plus pauvres obligés à travailler et les accuse de vol uniquement parce qu’ils sont « barbares » (= « étrangers » , non citoyen romain,  dans les passages concernant le mandiant et le chassieux).

Les MOTSCLES avec lesquels nous nous familiarisons sont: 
urbanus, forum, balneum, officium ; ars, faber, labor ; patronus, cliens, familia, servus, libertus ; amicitia, humanitas

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Programmes 2016 (L.C.A. PRIMUM ANNUM), 4ème série de cours: Le peuplement de Rome et les rois étrusques

_______Toujours dans la partie  Les temps héroïques : les fondements de l’identité romaine nous allons lire cet extrait de Lucius Ampellius,un auteur qui vécut probablement au 2ème ou au 3ème siècle ap. J.-C.(?). Dans son oeuvre: Le Liber memorialis (Aide-mémoire), un opuscule scolaire  écrit à la fin du règne de Marc-Aurèle (161-180) ou plus tard (?), à Césarée de Maurétanie. Il parle au jeune  Macrin, son élève (?) de cosmographie, de géographie, de mythographie… Cet extrait nous fournit la liste des rois de Rome et des exemples de moralité antique.

_______Selon la méthode adoptée, nous distribuons un texte bilingue avec quelques passages en italien, pour habituer nos élèves à remarquer les radicaux communs et se familiariser avec lexique qu’ils doivent acquérir au cours de l’année.

17] REGES {ET DVCES} ROMANORVM. Romulus qui urbem condidit. Numa Pompilius qui sacra constituit. Tullus Hostilius qui Albam diruit. Ancus Marcius qui leges plurimas tulit et Ostiam coloniam constituit. Priscus Tarquinius qui insignibus magistratus adornauit. Seruius Tullius qui primum censum egit. Tarquinius Superbus qui ob nimiam superbiam regno pulsus est.

18] CLARISSIMI DVCES ROMANORVM. Brutus qui pro libertate publica liberos suos interfecit. Valerius Publicola qui propter eamdem libertatem aduersus Tarquinios bellum exercuit; idem ius libertatis dando populum ampliauit. Mallius Torquatus qui ad confirmandam castrorum disciplinam filium suum interfecit. Quinctius Cincinnatus item Serranus cui aranti dictatura delata est. Camillus qui Senonum gente deleta Gallorum incensam ab eis urbem restituit. Fabi duo quorum alter una pugna Etruscos Samnitas Umbros Gallosque subegit, libertinos e tribubus repurgauit, ideoque Maximus cognominatus; alter Fabius Hannibalem mora fregit ex quo Cunctator est cognominatus. Papirius Cursor: hic Samnites qui Romanos sub iugum pugnando miserant uictos ignominia pari adfecit et a uelocitate Cursor est appellatus. Curius cum in foco rapas torreret, legatis Samnitum aurum offerentibus ‘malo’ inquit ‘in fictilibus meis esse et aurum habentibus imperare.’ Fabricius Luscinus qui Cornelium Rufinum consularem uirum senatu amouit luxuriae et auaritiae damnatum, quod decem pondo argenti possideret. Claudius Marcellus qui Hannibalem primus in Campania proelio uicit; idemque docuit in bello quomodo equites sine fuga cederent. Scipiones duo; quorum alter prior Africanus qui Hannibalem et in eo Africam debellauit; alter Scipio minor Numantinus qui Carthaginem et Numantiam diruendo et in hac Africam in illa Hispaniam fregit.

[17] XVII. Rois et chefs des Romains. Romulus, qui fonda la ville; Numa Pompilius, qui institua la religion; Tullus Hostilius, qui détruisit Albe; Ancus Martius, qui créa beaucoup de lois et fonda la colonie d’Ostie; Servius Tullius, qui établit l’institution du cens; Tarquin l’Ancien, qui orna d’insignes les magistrats; Tarquin le Superbe, que son excessif orgueil fit chasser de son royaume.

[18] XVIII. Chefs les plus célèbres des Romains. Brutus, qui fit conduire ses fils au supplice pour la liberté publique; Valerius Publicola, qui combattit contre les Tarquins en faveur de cette même liberté, et qui, en la proclamant authentiquement, accrut le peuple romain; Manlius Torquatus, qui, pour affermir la discipline militaire sacrifia son propre fils; Quintius Cincinnatus, autrement Serranus, qu’on alla prendre à la charrue pour l’élever à la dictature; Camille, qui, après avoir détruit les Gaulois Sénonais, rétablit la ville, incendiée par eux; les deux Fabius, dont l’un vainquit dans un seul combat les Étrusques, les Samnites, les Ombres, les Gaulois, et purgea des affranchis les tribus, ce qui lui valut le surnom de très Grand; l’autre perdit Annibal par ses délais, et reçut à ce sujet le surnom de Temporisateur. Papirius Cursor : celui-ci, après avoir vaincu les Samnites, les fit passer sous le joug, comme ils y avaient eux-mêmes fait passer les Romains; il fut surnommé Cursor, à cause de la rapidité de sa marche. Curius, qui, tandis qu’il faisait cuire des raves à son foyer, répondit à ceux qui tâchaient de le séduire par leurs offres: « J’aime mieux manger dans mes vases de terre, et commander à ceux qui ont de l’or. » Fabricius Luscinus, qui exclut du sénat Cornelius Rufinus personnage consulaire, comme coupable de luxe et d’avarice, parce qu’il possédait dix livres pesant de vaisselle d’argent; Claudius Marcellus, qui, le premier, vainquit Annibal dans un combat qu’il lui livra en Campanie, et qui enseigna comment, devant l’ennemi, la cavalerie pouvait se replier sans fuir; les deux Scipion, dont le premier, l’Africain, vainquit Annibal et en lui l’Afrique; le second, le Numantin, en détruisant Carthage et Numance, ruina dans l’une l’Afrique, et dans l’autre l’Espagne. 

Mots-clés, « notions cardinales » :
Mythe et histoire, légende, fabula ; Héros fondateurs, Troie, Rome ; Pius, pietas, Penates, fides, patria

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Programmes 2016 L.C.A.: PRIMUM ANNUM, la troisième série de cours: d’Enée à Romulus

Dans la partie du programme   Panorama général, historique, géographique et linguistique:

________Nous fîmes  la lecture d »un extrait de  Publius Annius Florus, Epitome, Prooemium. Florus, Abrégé de l’histoire romaine, Préface, IIe siècle après J.-C.:

Populus Romanus a rege Romulo in Caesarem Augustum, septingentos per annos,  
tantum operum pace belloque gessit,
ut, si quis magnitudinem imperii cum annis conferat, aetatem ultra putet.
Ita late per orbem terrarum arma circumtulit,
ut qui res illius legunt,
non unius populi, sed generis humani fata discant.
Nam tot laboribus periculisque jactatus est,
ut ad constituendum ejus imperium contendisse virtus et fortuna videantur.
Le peuple romain, depuis le roi Romulus jusqu’à César Auguste,
pendant sept cents ans,
a accompli tant de choses dans la paix et dans la guerre,
que, si l’on compare la grandeur de son empire avec le nombre de ses années,
on croira qu’il a une durée plus grande.
II a mené ses armées si loin à travers le monde entier,

que ceux qui lisent les récits de ses exploits 

n’apprennent pas le destin d’un seul peuple,
mais de tout le genre humain.
En effet il a été confronté à tant de travaux et à tant de dangers
que, pour établir son empire,
le courage et la bonne fortune semblent avoir réuni leurs efforts.

_________Nous nous sommes d’une part entraînés à lire le latin (après avoir énoncé les particularités de l’alphabet latin ) puis nous avons situé    » le peuple latin » / les Romains sur une carte. A propos du « peuple » romain et de la mention de  Romulus, nous nous sommes interrogés sur leur origine et l’ancêtre mythique, Enée:

  •  Nous venons de l’antique Troie (si par hasard jusqu’à vos oreilles
  •  le nom de Troie est arrivé), nous avons été emportés de mer en mer,
  •  et la tempête, au gré de sa fantaisie, nous a jetés sur la côte libyenne
  •  Je suis le pieux Enée ; ce sont nos Pénates arrachés à l’ennemi,
  •  que j’emporte avec moi sur mes vaisseaux et je suis connu jusqu’au ciel grâce à ma réputation.
  •  Je cherche l’Italie pour en faire ma patrie et ma race est issue de Jupiter, le souverain suprême.[…]/li>
  •  Moi-même, ignoré de tous, manquant de tout, je parcours les déserts de Libye,
  •  chassé d’Europe et d’Asie.
  •  Nos Troia antiqua (si vestras forte per auris
  • Troiae nomen iit), diversa per aequora vectos
  • forte sua Libycis tempestas adpulit oris.
  • Sum pius Aeneas, raptos qui ex hoste Penates
  • classe veho mecum, fama super aethera notus.
  • Italiam quaero patriam et genus ab Jove summo.
  • Ipse ignotus, egens, Libyae déserta peragro, 
  • Europa atque Asia pulsus.

______Cet extrait de Virgile (70-19 avant J.-C) (Publius Vergilius Maro, Aeneis, liber primus) , Enéide, livre I, vers 375-385 nous a permis d’introduire la généalogie d’Enée (grâce à un tout petit résumé de l’oeuvre) .

Ensuite dans la partie: Les origines – naissance d’une cité
nous avons abordé  la fondation de la ville de Rome, le 24 avril -753,   et nous nous sommes interrogés sur le site de la ville.

_________Enfin nous avons lu:  Cicéron De la République, II, I1

« quod habemus » inquit « institutae rei publicae tam clarum ac tam omnibus notum exordium quam huius urbis condendae principium profectum a Romulo? qui patre Marte natus – concedamus enim famae hominum, praesertim non inueteratae solum sed etiam sapienter a maioribus proditae, bene meriti de rebus communibus ut genere etiam putarentur, non solum ingenio esse diuino – is igitur ut natus sit, cum Remo fratre dicitur ab Amulio rege Albano ob labefactandi regni timorem ad Tiberim exponi iussus esse; quo in loco cum esset siluestris beluae sustentatus uberibus, pastoresque eum sustulissent et in agresti cultu laboreque aluissent, perhibetur ut adoleuerit et corporis uiribus et animi ferocitate tantum ceteris praestitisse, ut omnes qui tum eos agros ubi hodie est haec urbs incolebant, aequo animo illi libenterque parerent. quorum copiis cum se ducem praebuisset, ut {et} iam a fabulis ad facta ueniamus, oppressisse Longam Albam, ualidam urbem et potentem temporibus illis, Amuliumque regem interemisse fertur.

[2,3] III. (5) Qua gloria parta urbem auspicato condere et firmare dicitur primum cogitauisse rem publicam. urbi autem locum, quod est ei qui diuturnam rem publicam serere conatur diligentissime prouidendum, incredibili opportunitate delegit. neque enim ad mare admouit, quod ei fuit illa manu copiisque facillimum, ut in agrum Rutulorum Aboriginumue procederet, aut in ostio Tiberino, quem in locum multis post annis rex Ancus coloniam deduxit, urbem ipse conderet, sed hoc uir excellenti prouidentia sensit ac uidit, non esse opportunissimos situs maritimos urbibus eis quae ad spem diuturnitatis conderentur atque imperii, primum quod essent urbes maritimae non solum multis periculis oppositae sed etiam caecis. (6) nam terra continens aduentus hostium non modo expectatos sed etiam repentinos multis indiciis et quasi fragore quodam et sonitu ipso ante denuntiat, neque uero quisquam potest hostis aduolare terra, quin eum non modo adesse sed etiam quis et unde sit scire possimus. maritimus uero ille et naualis hostis ante adesse potest quam quisquam uenturum esse suspicari queat, nec uero cum uenit prae se fert aut qui sit aut unde ueniat aut etiam quid uelit, denique ne nota quidem ulla, pacatus an hostis sit, discerni ac iudicari potest

.[2,4] IV. (7) Est autem maritimis urbibus etiam quaedam corruptela ac mutatio morum; admiscentur enim nouis sermonibus ac disciplinis, et inportantur non merces solum aduenticiae sed etiam mores, ut nihil possit in patriis institutis manere integrum. iam qui incolunt eas urbes, non haerent in suis sedibus, sed uolucri semper spe et cogitatione rapiuntur a domo longius, atque etiam cum manent corpore, animo tamen exulant et uagantur. nec uero ulla res magis labefactatam diu et Carthaginem et Corinthum peruertit aliquando, quam hic error ac dissipatio ciuium, quod mercandi cupiditate et nauigandi et agrorum et armorum cultum reliquerant. (8) multa etiam ad luxuriam inuitamenta perniciosa ciuitatibus subpeditantur mari, quae uel capiuntur uel inportantur; atque habet etiam amoenitas ipsa uel sumptuosas uel desidiosas inlecebras multas cupiditatum. et quod de Corintho dixi, id haut scio an liceat de cuncta Graecia uerissime dicere; nam et ipsa Peloponnesus fere tota in mari est, nec praeter Phliasios ulli sunt quorum agri non contingant mare, et extra Peloponnesum Aenianes et Doris et Dolopes soli absunt a mari. quid dicam insulas Graeciae? quae fluctibus cinctae natant paene ipsae simul cum ciuitatum institutis et moribus. (9) atque haec quidem ut supra dixi ueteris sunt Graeciae. coloniarum uero quae est deducta a Graiis in Asiam Thracam Italiam Siciliam Africam praeter unam Magnesiam, quam unda non adluat? ita barbarorum agris quasi adtexta quaedam uidetur ora esse Graeciae; nam e barbaris quidem ipsis nulli erant antea maritumi praeter Etruscos et Poenos. alteri mercandi causa, latrocinandi alteri. quae causa perspicua est malorum commutationumque Graeciae propter ea uitia maritimarum urbium quae ante paulo perbreuiter adtigi. sed tamen in his uitiis inest illa magna commoditas, et quod ubique genitum est ut ad eam urbem quam incolas possit adnare, et rursus ut id quod agri efferant sui, quascumque uelint in terras portare possint ac mittere.

[2,5] V. (10) Qui potuit igitur diuinius et utilitates conplecti maritimas Romulus et uitia uitare, quam quod urbem perennis amnis et aequabilis et in mare late influentis posuit in ripa? quo posset urbs et accipere a mari quo egeret, et reddere quo redundaret, eodemque ut flumine res ad uictum cultumque maxime necessarias non solum mari absorberet, sed etiam inuectas acciperet ex terra, ut mihi iam tum diuinasse ille uideatur hanc urbem sedem aliquando et domum summo esse imperio praebituram; nam hanc rerum tantam potentiam non ferme facilius alia ulla in parte Italiae posita urbs tenere potuisset.

 

Est-il une autre nation qui ait une origine aussi éclatante, aussi fameuse dans le monde entier, que la fondation de notre cité par Romulus, fils de Mars? Nous devons en effet respecter une tradition qui a le privilège de l’antiquité et qui surtout est pleine de sagesse, et penser avec nos ancêtres que les bienfaiteurs du genre humain méritent la réputation non pas seulement d’avoir un esprit divin, mais d’être issus du sang des Dieux. On rapporte donc que Romulus, aussitôt après sa naissance, fut exposé avec son frère Rémus sur les bords du Tibre par l’ordre d’Amulius, roi d’Albe , qui craignait de voir un jour sa puissance ébranlée. Allaité près du fleuve par une bête sauvage, l’enfant fut bientôt recueilli par des pasteurs, qui l’élevèrent dans les travaux et la rudesse des champs. Il devint homme, et la vigueur de son corps aussi bien que la fierté de son âme lui donnèrent sur tous ses compagnons une telle supériorité, que tous ceux qui habitaient alors les campagnes où Rome s’étend aujourd’hui vinrent se ranger volontairement sous sa loi. Il se mit à leur tête, et, pour faire trêve aux récits fabuleux, l’histoire nous apprend qu’il enleva d’assaut Albe la Longue, ville forte et puissante dans ces temps, et qu’il fit périr le roi Amulius.

2,3] III. Après cet exploit, il songea pour la première fois à élever une ville suivant les rites sacrés, et à jeter les fondements d’un empire. Rien de plus important pour les destinées futures d’un empire que l’emplacement d’une cité; Romulus sut le choisir admirablement. Il ne rechercha point le voisinage de la mer, quoiqu’il lui fût très facile ou de s’avancer avec son armée aguerrie sur le territoire des Rutules et des Aborigènes, ou d’établir sa nouvelle ville à l’embouchure du Tibre, dans le lieu même où, longues années après, le roi Ancus conduisit une colonie. Mais cet homme d’un merveilleux génie comprit qu’une situation maritime n’est pas celle qui convient le mieux à une ville pour laquelle on ambitionne un avenir durable et une grande puissance. D’abord les villes maritimes sont exposées à beaucoup de périls qu’elles ne peuvent prévoir. Au milieu des terres, les ennemis qu’on attend le moins se trahissent toujours par quelques indices, et le sol nous apporte infailliblement le bruit de leurs pas : jamais il ne peut y avoir par terre d’attaque tellement subite, qu’on ne sache non seulement que l’ennemi arrive, mais quel est cet ennemi et d’où il vient; tandis que les flots peuvent porter dans une ville maritime une armée qui l’envahit, avant même qu’on n’ait soupçonné sa venue. Lorsque l’ennemi arrive par mer, aucun indice ne nous apprend qui il est, d’où il vient, ce qu’il veut; enfin, on ne peut reconnaître à aucun signe si c’est un ennemi ou un allié qui s’avance.

[2,4] IV. Les villes maritimes ont à craindre aussi la corruption et l’altération des moeurs. Elles sont le rendez-vous des langues et des coutumes de toute la terre; les étrangers y apportent leurs moeurs en même temps que leurs marchandises; à la longue toutes les institutions nationales sont attaquées, aucune n’échappe. Ceux qui habitent les ports ne sont pas fixés à leurs foyers; leur esprit sans cesse agité, leur mobile espérance les emporte loin de leur pays; alors même qu’ils y ont posé le pied, leur pensée voyage et court le monde. Il n’est pas de cause qui ait plus influé sur la décadence et la ruine de Carthage et de Corinthe que cette vie errante et cette dispersion de leurs citoyens, qui abandonnaient, par amour de la navigation et du commerce, la culture des terres et le maniement des armes. D’un autre côté, les villes maritimes sont assiégées par le luxe; tout les y porte; le commerce et la victoire leur amènent tous les jours des séductions nouvelles. Et d’ailleurs tous ces rivages de la mer sont des lieux si charmants! on y respire le goût d’une vie fastueuse et molle; comment s’en défendre? Ce que j’ai dit de Corinthe, je crois qu’on pourrait le dire avec une parfaite vérité de la Grèce entière. Presque tout le Péloponnèse est maritime; si vous en exceptez le pays de Phliunte, toutes les contrées en sont baignées par la mer: hors du Péloponnèse je ne vois que les Enianes, les Doriens et les Dolopes qui ne touchent pas à la mer. Que dirai-je des îles de la Grèce? Elles semblent bercées par les flots qui les enveloppent, elles, leurs institutions et leurs moeurs. Mais ce n’est là, comme je l’ai déjà dit, que l’ancienne Grèce. Jetez les yeux sur les colonies qu’elle a fondées en Asie, en Thrace, en Italie, en Sicile, en Afrique : en trouverez-vous une seule, si ce n’est Magnésie, qui ne soit baignée par les eaux? Il semble qu’une ceinture détachée de la Grèce soit venue border toutes les contrées barbares. Car il n’y avait dans les temps anciens d’autres peuples maritimes que les Étrusques et les Carthaginois, les uns commerçants , les autres pirates. Il me paraît donc évident qu’il faut attribuer tous les maux et les révolutions des sociétés grecques à ces vices des cités maritimes que je viens de toucher en peu de mots. Mais, au milieu de ces graves inconvénients, il faut reconnaître un grand avantage : c’est que les productions de tous les pays du monde viennent comme d’elles-mêmes se réunir dans la ville que vous habitez, et qu’en retour vous pouvez porter ou envoyer par toute la terre les récoltes de vos campagnes.[2,5] V. Romulus pouvait-il donc, pour donner à sa ville naissante tous les avantages d’une position maritime et lui en sauver les inconvénients, être mieux inspiré qu’il ne le fut, en l’élevant sur les bords d’un fleuve dont les eaux toujours égales et ne tarissant jamais vont se verser dans la mer par une large embouchure; par la voie duquel la cité peut recevoir de la mer ce qui lui manque, et lui rendre en retour ce dont elle surabonde, et qui alimente perpétuellement nos marchés par la communication incessante qu’il établit entre la mer et Rome d’un côté, de l’autre entre la ville et l’intérieur des terres? Aussi je n’hésite pas à le croire, Romulus avait pressenti dès lors que sa nouvelle cité serait un jour le siége d’un immense empire. Imaginez cette ville située dans toute autre partie de l’Italie, et la domination romaine devient impossible.

_______Le vocabulaire qui peut être mémorisé à cette étape de nos découvertes est issu de ces textes et découvert par des commentaires d’images (carte d’Agrippa sous Auguste, tableaux de Federico Barocci  La fuite d’Enée, la fresque d’Enée dans la maison Publius Vedius Siricus à Pompéi, l’autel de Mars et Vénus à Ostie, des représentations de la louve et le tableau d’Ingres Romulus vainqueur d’Acron) : orbis terrarum, mundus ; rex, populus, respublica, imperium ; memoria, fata, templum, auspicium ; genus, urbs, imperium ; arx, pomoerium ; hostis.

_______En langue nous avons indiqué comment se présentent les noms et les verbes dans le dictionnaire puis étudié un tableau des trois premières  déclinaisons et des 4+1 conjugaisons au présent de l’indicatif avec le verbe être des des exemples de verbes à mémoriser.

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Programmes 2016 L.C.A.: PRIMUM ANNUM, les seconds cours: Indoeuropéen et langues romanes

cadeaux2015CamilleMTemudjinG      La suite du cours consiste à expliquer aux élèves l’origine indoeuropéenne de leur langue et du latin.

Tout est clairement indiqué dans ce site universitaire que nous venons de redécouvrir:

Aménagement linguistique du monde

et sur la page html de la famille indoeuropéenne

La page des langues italiques 

la page des LANGUES ROMANES.

et aussi (entre autres langues du monde entier)  l’Histoire de la langue italienne!

 

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Programmes 2016 L.C.A. : PRIMUM ANNUM premiers cours

lachouettedeBeroniki       A la faveur d’une erreur d’interprétation des nouveaux programmes, dans notre établissement,

on nous a donné l’opportunité  d’effectuer  à deux l’heure de cours hebdomadaire

(1 heure d’enseignement du latin  ayant été perdue dans ce passage aux Langues et Culture de l’Antiquité!)

lachouettedeBeroniki       Nous voici donc en binôme, ma collègue d’Italien et moi, ce dont nous sommes ravies.

Ce nouveau dispositif, qui risque fort de devoir évoluer en E.P.I. l’an prochain

(EPI = Enseignement Pratique Interdisciplinaire ne permettant plus qu’une demi-heure à deux!

Soit une réduction en peau de chagrin!),

constitue une richesse pour les élèves qui se voient offrir un savoir trilingue (français, latin, italien) et parfois quadrilingue lorsque notre collègue d’espagnol complète nos tableaux comparatifs ou lorsque nous ajoutons nos connaissances en anglais…

lachouettedeBeroniki       La première heure de cours fut donc une séance de « brainstorming »  (réflexion orale synthétisée) en guise de commentaire d’images:

lcacinquieme2016intro

Puis nous avons composé un tableau trilingue pour y loger les références des images trouvées par les élèves.

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Des ressources créées par la webmestre et offertes en licence Creative Commons zero CCo ::

Voici des images en licence Creative Commons zero CCo.

Lecteurs, vous seriez bien aimables de ne pas oublier de  citer leur auteur en les reprenant!
Si vous voyez apparaître des publicités, sachez que c’est le fait de notre hébergeur, qui se rétribue ainsi  et sans que nous puissions choisir les publicités diffusées car nous n’en retirons aucun autre bénéfice que la réalisation  gratuite de ce blog. 

Animaux  Arts Décors Paysages Pluie Thèmes  Végétation

Une vue de la Montagne Sainte Victoire par temps brumeux, prise du bureau de la webmestre, MamyVéro, en novembre 2011 avec son appareil Canon SXPowerShot 200IS, 12,1 Mégapixels.

L’intérieur de l’Eglise de Saint-Emilion, dans le Bordelais, prise en décembre 2011.

– Voici encore La Sainte Victoire à six heures du matin en été:

– Comme j’adore les grenouilles, et les animaux en général, je vous offre aussi cette belle Rana qui coassait sur mon parcours de marche, un autre matin:

– Peut-être voudrez-vous encore de cette écharpe d’Isis, bel arc-en-ciel admiré depuis ma fenêtre:

– Un jour d’orage, le ciel grouillait de nuages volages…

– Mais finissons cette série par la tendresse d’une « aurore aux doigts de rose », selon les termes d’Homère

 

 

 

Plus de décors:

2. Pour les romantiques en quête d’images destinées à illustrer un beau poème, voici notre série « le saint Valentin »:

3. Quelques fleurs offertes aussi:

 

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A propos des droits d’auteur:

Je vous envoie aujourd’hui sur le site de Calimaq,

S.I.Lex

macouronne

Aka Lionel Maurel, un bibliothécaire juriste,

pour disposer de renseignements essentiels sur les droits d’auteur: cliquez sur le lien suivant

Ressources pédagogiques sur les droits d’auteur

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